Inde, de Bombay à New Delhi, tome 3. Dernier récit de voyage.

Voici le dernier récit qui vient clôturer plus d’un an sur les routes. Bien que nous soyons rentrés il y a déjà longtemps maintenant, finir de relater nos pérégrinations nous permet de rendre hommage aux personnes qui nous ont accueillis et aussi de tourner une page de notre vie…

Les semaines précédentes nous avaient amené à visiter de nombreux endroits touristiques du nord de l’Inde. Après avoir été rejoint par des amis de Julien pour quelques jours, nous avions décidé de prendre un autre chemin pour retrouver un autre ami, Maxime qui habite à Bombay. Aussi après la visite de Khajurâho, nous prîmes un train en direction de la mégalopole. Plus de trente heures de train nous attendaient avant notre arrivée.

Sortie de gare de Bombay
Placette du quartier de Bandra

Au petit matin, nous rejoignons une gare située à l’extérieur de la ville. Il fait frais, voir même froid et le trajet en rickshaw me paraît interminable. La gare est moderne et offre de grands quais où il n’y a ni bousculades ni tumultes. Quelques minutes plus tard, nous montons à bord d’un train et prenons place dans un compartiment qui nous servira de lieu de vie pendant les trente prochaines heures. Le véhicule n’est pas récent et plutôt sale, nous avons deux lits à l’étage d’un espace de six couchettes non compartimenté. L’engin démarre et gares après gares, il se remplit progressivement puis se vide partiellement. Les va-et-vient incéssant de la foule à chaque halte nous montre un peu plus le visage de ces millions d’indiens et de leur pays.

Des vendeurs ambulants, la bassine posée sur l’épaule passent dans les couloirs pour vendre des denrées, la plupart du temps comestibles. Samossas, chips et autres aliments frits sont présentés aux passagers (voir l’article sur la Table indienne !). Comme nous ne connaissons jamais vraiment le temps d’arrêt à chaque station, nous n’osons pas sortir du train. Puis nous questionnons et tentons de comprendre quand est ce qu’il serait le plus judicieux pour passer le nez dehors, acheter de quoi se ravitailler ou tout simplement humer un bon bol d’air pollué. La journée s’écoule lentement. Les vitres sont sales et les paysages déjà poussiéreux ne me semblent pas davantage clairs plus les heures passent. Lorsque vient la nuit, une famille, composée des parents et de leurs deux enfants dont un nouveau-né prend place à nos côtés dans le compartiment. Les lits du côté du couloir ne sont pas agréables mais Julien accepte de dormir sur celui de dessus. Les compartiments ne sont pas isolés et le passage dans le wagon se fait par le milieu des coins « nuit ». Chaque personne qui circule passe à proximité de Julien et la porte tape dans la structure métallique du lit à hauteur de sa tête. Souvent elle reste ouverte, entrainant des courants d’air, des bruits de l’autre wagon et de la machinerie du train. Le bébé se réveille quelques fois pendant la nuit, il doit avoir deux mois tout au plus et dort blotti contre sa mère. La famille est douce et calme. Ils ne parlent pas anglais mais un respect mutuel s’est établit rapidement entre nous. Au petit jour, les yeux bouffis par le manque de sommeil, nous rangeons lentement nos affaires. Il nous reste encore près de douze heures à passer dans ce train. Le temps s’étire…

Vers 17 heures, nous arrivons à Bombay. En sortant de la gare, il y a une foule extraordinaire selon nous, mais rien d’étonnant pour la ville. Un bidonville jouxte la gare, nous avons le temps de l’observer depuis les fenêtres du taxi qui stagne dans les bouchons. Le temps à Bombay est humide et chaud.

Maxime habite le quartier de Bandra, un quartier à l’origine portugaise qui dispose de quelques églises catholiques et d’une vie à l’européenne. Nous y sommes très bien reçu et ce séjour nous permet de nous ressourcer. Une chambre est à notre disposition et nous profitons également du grand salon pour lire et rêvasser. Avec Maxime, nous passons nos soirées à boire des bières sur sa grande terrasse en refaisant le monde à la douceur chaude de la nuit. Le temps passe vite et les journées s’étendent.

Nous prenons le temps de visiter quelques endroits de la ville. Dharavi est un bidonville immense, le deuxième plus grand du monde où se côtoient les quartiers de production et ceux d’habitation. Nous effectuons cette visite avec une association qui emmène de petits groupes de personnes à la rencontre des habitants. Elle utilise l’argent récolté pour des missions d’enseignements et pour aider les habitants. Cette visite peut paraître étrange car c’est un peu « montrer » aux étrangers (la plupart du temps) comment vivent les indiens dans les bidonvilles et à la fois, elle a le mérite de connecter ce quartier avec le reste du monde et de le rendre plus perméable. Plusieurs petits magasins se sont implantés et vendent aux touristes leurs créations rapportant ainsi un peu d’argent supplémentaire. En contrepartie, les touristes ont mis un pied et ne peuvent pas se voiler la face quant à la réalité des conditions de vie de ces quartiers. La visite démarre par le quartier industrieux. Des lieux vétustes servent à trier du plastique, des morceaux de cuir ou des pâtes dures aux couleurs sombres. Sur une toiture terrasse, des milliers de morceaux de plastiques colorés sont répandus pour sécher au soleil avant d’être réutilisés, soit en tant que bourrage, soit pour être fondus une nouvelle fois. Il y a aussi des ateliers de couture, où le bruit assourdissant des machines à coudre retentissent dans les ruelles jonchées de matériaux en tout genre, vêtements, plastiques, poubelles, liquides dans des pots qui dégoulinent… Le guide nous montre les ateliers pendant que nous devions être attentifs à la fois à nos pieds et aussi à nos têtes. De longs fils électriques pendent et courent sans fin dans les rues. Des adultes, pour la plupart des hommes, travaillent aux côtés d’adolescents et même d’enfants. Sans protection. Lorsque nous quittons ce lieu, nous contournons une grande flaque et le guide nous signale que le bidonville est construit en lieu inondable. La première partie des habitations est quant à elle très sombre. Les ruelles sont en réalité des passages étroits de moins d’un mètre, dépourvus de lumière et humides (nous avons par ailleurs emprunté la fameuse ruelle très étroite vue dans le film Slumdog Millionnaire). Les fils électriques continuent de courir le long des murs et au-dessus de nos têtes, accompagnés des enfants qui rient de nous voir chez eux. Les petits appartements d’une ou deux pièces s’ouvrent quelques fois sur les espaces de circulation. Il s’agit le plus souvent d’une pièce cachée en partie par un rideau où une femme s’occupe de ses enfants ou bien de la cuisine. La seconde partie est plus aérée, les maisons disposent de rues et de fenêtres mais sans pour autant être beaucoup plus grandes. Puis nous terminons sur la visite du quartier de la céramique où quelques indiens au milieu de leurs habitations ont construit de grands fours.

Coucher de soleil sur Bandra
Façades d’immeubles à Bombay
« Klaxonnez s’il vous plait ! » – La conduite à l’indienne

D’autres visites plus conventionnelles se succèdent une fois que Paul et Nicolas nous retrouvent. Nous aurons ainsi l’opportunité de visiter l’île d’Elephenta, le quartier du Fort ou le vieux centre ville. Pour la première excursion, nous embarquons sur un bateau depuis le port. Durant toute la durée du voyage, on ne distingue presque rien. L’épaisse brume de pollution flotte sur l’eau et masque les reliefs. Quelques fois un autre bateau se dessinent à l’horizon. Puis le champ de vue s’ouvre. De gros remorqueurs et autres bateaux conteneurs attendent de pouvoir pénétrer dans le port de Bombay. Ces immenses bâtiments sont en plus ou moins bon état et certains semblent attendre depuis longtemps. Nous arrivons enfin sur l’île d’Elephanta. Le flot de touristes indiens, occidentaux et asiatiques se déverse sur la jetée où des stands touristiques accompagnés de vaches faméliques se succèdent jusqu’au lieu des visites. Des singes font la loi. Une fois que les touristes ont acheté leurs friandises, les petits mammifères se jettent sur eux pour exiger leurs dus. Glaces, cacahuètes, bonbons, rien ne leur échappent sous le regard impuissant et apeuré des Hommes. Le site se compose de plusieurs grottes sculptées datant du VIème siècle. La première est riche en vestiges alors que les autres en sont un peu plus dépourvues. L’air est lourd et très humide. Une équipe composée de nombreux jardiniers indiens déroulent des tapis d’herbe devant certaines grottes. Avec cette chaleur, je me demande comment va tenir cette pelouse improvisée… De toutes part, il y a des singes. Des gardes sont là pour les surveiller et ont de grands bâtons pour les tenir éloignés en cas de besoin. Les groupes de primates sont nombreux et toutes les activités sont permises, épouillages du ou de la dominante, ébats sexuels, jeux, vols de nourriture, éducation des enfants, sieste ou observation des cousins humains du coin de l’œil. Plus que les restes historiques des grottes, la vie de ces singes à moitié domestiqués est bien plus intéressante à mon goût. Cette triste réalité est bien présente lors de toute la visite.

Scène de vie sur l’île d’Elephanta
Sous la galerie commerçante de l’île d’Elephanta
Depuis l’île d’Elephanta

Le tour des attractions touristiques de Bombay est assez rapide bien que cette ville appuyée sur l’océan est impressionnante de par sa taille et son dynamisme. Dans le quartier de Bandra, nous aimons aller observer le coucher de soleil sur l’eau et le lieu est agréable à vivre. La végétation composée de lauriers roses, de lantanas de toutes les couleurs, de bougainvilliers blanc, saumon, rose, rouge et vermillon, de palmiers, d’arbres aux fleurs jaunes et roses, violettes ou de grosses fleures blanches, de cocotiers, d’immenses figuiers étrangleurs dont les couleurs, les formes et les odeurs me transportent à chaque fois. À celle-ci s’accompagnent les cris perçants des oiseaux qui sillonnent le ciel. Milans, perruches, goélands, corvidés et autres oiseaux tropicaux créent la mélodie des parcs et ruelles calmes du quartier résidentiel. Nous quittons, pour de bon cette fois, Paul et Nicolas, saluons Maxime et reprenons le train en direction d’Ahmedabad.

C’est une ville à majorité musulmane située sur la côte au nord de Bombay. Après plusieurs heures de trajet en train, nous nous retrouvons dans un hôtel miteux. La vie de château que nous menions à Bombay nous paraît bien lointaine. Le lendemain, nous prévoyons la visite de l’université dont une partie a été conçue par l’architecte états-uniens Louis Kahn. Le campus est intéressant, l’orientation des bâtiments, le choix des matériaux et les jeux de lumière rendent agréables cet endroit. Pour pouvoir y pénétrer, il faut un laisser passer que l’on doit remplir auprès du poste de sécurité à l’entrée. Nous nous promenons aussi le long des rives du fleuve Sabarmati. D’autres bâtiments sont fermés au public ou bien nous aurions dû nous y prendre en avance. Qu’importe ! Le train de demain nous emmènera vers le nord et nous quitterons le littoral définitivement.

Plus les jours passent, plus je suis triste de sentir le voyage qui tend progressivement à sa fin. Je le sais au fond de moi, nous ne reviendrons pas. Nous ne prendrons pas un autre avion pour retourner en Inde, pays que Julien ne porte pas dans son cœur. Il est las et fatigué de cette vie nomade et bien qu’il me dise que nous pourrons toujours repartir, je n’y crois pas vraiment… J’essaye de m’y résoudre intérieurement. C’est donc ainsi que nous allons terminer ce périple commencé treize mois plus tôt.

Eglise à Ahmedabad – Jesus Loves You
Marché de la ville d’Ahmedabad
Dans un wagon

Un autre train nous emporte pour Jodhpur, la cité bleue. Nous dormons chez un indien qui nous a laissé une de ses tentes dans le jardin à disposition pour trois jours. Le séjour y sera de courte durée mais la ville mérite le détour. Le fort est bien conservé, le centre, dont les maisons sont bleues, se pare de nuances différentes à chaque moment de la journée. Un café haut perché nous sert de lieu de détente alors qu’un jardin situé à l’arrière du fort constitue un havre de paix des plus favorables pour une fin de journée. La végétation y est dense, diversifiée et la faune agitée. Une mère singe porte son petit et l’allaite pendant que des écureuils se battent dans les arbres. De très gros nids de martinets sont haut perchés sous les porches et les entrées des bâtiments. Un puits à niveau est aussi visible dans le centre, Toorji Ka Jhalra. Impressionnant puits d’eau dont les profondeurs rafraichissent les escaliers. Remarquables par le bleu-vif des ailes, des martin-chasseur de Smyrne viennent s’y rafraichir par moment.

Encore un train, un autre wagon. Nous retrouvons Waseem et Vinay qui nous reçoivent chez eux à côté de la ville de Jaipur. Nous souhaitons visiter le fort et les environs avant de se retrouver à nouveau dans le tumulte de la cité. En effet, l’endroit où nous sommes est plus calme, nous pourrions presque dire qu’il s’agit de la campagne. Le lieu où nous vivons est en réalité un immeuble presque vide qui reçoit des couchsurfers en attendant de devenir un hôtel. Nous ne partagerons pas le quotidien avec nos hôtes mais passerons plusieurs moments en leur compagnie, comme un dîner dans un excellent petit dhaba sans prétention, une balade dans les anciennes fortifications de la ville, un verre de mauvais whisky, un match de cricket sur un terre plein sous un soleil de plomb… Après la visite du fort d’Amer, nous regardons passer les chameaux et les éléphants. La tristesse du tourisme est flagrante. Les grands mastodontes à la peau pelée par les mauvais traitements et les heures harassantes de travail forcé, nous regardent de leurs yeux pleins de tristesse à travers leurs longs cils. Par la vitre du taxi qui nous déposera un peu plus loin, j’observe un des gros pachydermes. Mes yeux s’embuent de larmes. Je suis partagée entre la nécessité de ce peuple de gagner de l’argent pour survivre, les moyens utilisés et le résultat qui fait de nous une société de dégénérés, esclaves d’un autre, tenu par l’argent qui n’a de sens que pour notre espèce. Tous, les touristes, les soit disant voyageurs, les peuples de chaque pays et nous aussi…

Tristes pachydermes – Fort d’Amer
Une bonne copine

Auparavant proche des murailles, Vinay nous explique qu’il y avait des crocodiles. Ils ont depuis tous été chassés. Nous retournons à notre logement et en traversant la route, un groupe de macaques nous emboitent le pas. La route est très passante et les véhicules ne freinent pas toujours. Les plus vifs et agiles traversent en premier. Ensuite vient le tour des plus hésitants, des plus prudents aussi. Puis en dernier, les éclopés, ceux à qui ont un pied en moins, une main ou encore qui ont le dos cassé, les mères et leurs petits et les plus vieux.

Waseem et Vinay nous emmènent visiter les champs alentours. Ce dernier nous prend Julien et moi sur son scooter. Le soleil se couche tôt en cette période et il ne faut pas trop tarder si l’on ne veut pas avoir trop froid et profiter de la fin de journée. Nous démarrons par la visite d’une ferme, les parents accompagnés de leurs enfants, dont un bébé, nous offrent le thé. Le bébé s’est brulé quelques jours plus tôt, il a la main dans un bandage. Des chevreaux jouent autour de nous pendant que leurs mères les regardent en continuant de brouter. Sur le toit-terrasse du bâtiment, nous observons des oiseaux multicolores et bruyants se disputer dans les arbres et les champs. Des bufflonnes paissent tranquillement non loin. Nous reprenons les véhicules pour nous rendre sur un promontoire afin d’observer le coucher du soleil, cette énorme boule rouge aux reflets d’or qui resplendit dans le ciel indien chaque soir. La pénombre arrive, et avec elle les bruits mystérieux de la nuit indienne. Sur la route du retour, une biche détale lorsqu’elle nous entend. Nous arriverons la nuit tombée, les mains gelées et la douche chaude sera un luxe bien mérité.

La « campagne » indienne
Match de cricket
Jodhpur – Les remparts de la cité bleue

Pour notre dernière destination et en vue de fêter mon anniversaire, Julien a retenu quelques nuits dans un hôtel de Jaipur. C’est une très belle chambre avec une grande salle de bain qui nous servira de lieu de résidence pour les jours passés dans la ville. Il n’y a pas beaucoup de choses à visiter. Seulement le fort et quelques vestiges. Nous déambulons dans les rues noires de monde où tout se vend comme partout. Nous échangeons avec un sculpteur de marbre dont les ouvriers travaillent à même le sol avec une grande dextérité. Nous faisons aussi quelques emplettes pour notre retour. Puis comme nous en avons marre de visiter des lieux surchargés de touristes quelques fois je m’arrête juste pour savourer ces derniers instants de vie à l’indienne. Ces hommes qui crient, les vendeurs de rue, les femmes accompagnées de leurs bambins qui courent derrière elle, les vaches qui ruminent les déchets, les martins tristes qui poussent des cris stridents dans les figuiers étrangleurs, les rickshaw, scooters, vélos, voitures, bus et autres véhicules qui se heurtent, freinent, klaxonnent et participent à l’ambiance et au tumulte des villes. L’Inde que nous avons vu est un pays qui vit, bouillonne nuit et jour et vibre au rythme de ces habitants. L’Inde est un film vivant, il y a toujours quelque chose à observer, un indien à regarder, une situation cocasse, un animal s’agitant dans la foule.

Le 10 décembre, nous reprenons le train pour New Delhi. La journée de voyage effectuée nous dormons dans un hôtel sordide mais qui a le mérite de se trouver à quelques encablures de l’aéroport. L’avion décolle le lendemain. Une fois installés dans l’appareil, nous nous élevons au-delà de cette chape de pollution. Les contreforts de l’Himalaya se découvrent, les neiges presque éternelles et les pics d’un blanc de nacre montrent le ciel. Nos cœurs noués nous regardons à travers le hublot. Au revoir.

Quelques heures plus tard, nous avons effacé treize mois de voyage par la route en l’espace de quelques heures dans un avion. Nous effectuons une halte à Varsovie en Pologne. À l’approche de noël, l’aéroport est saturé de personnes bien apprêtées qui s’extasient devant les décorations et les produits de luxe. L’avion est une invention bien étrange…  

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Itinéraires et photographies

Nous sommes rentrés en France à la fin de l’année 2019, venez voir nos photos et retracez la route parcourue en cliquant ici ! Ou bien continuez à nous suivre sur les chemins de France et d’Europe en cliquant là ! Jetez un coup d’œil à notre Carnet de voyage !

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