Pakistan aujourd’hui, candeur et bruits de bottes

Le calme absolu des plus hauts sommets du monde, les klaxons assourdissants des centres villes. Entre parlementarisme et bruits de bottes dans l’ombre, la démocratie pakistanaise se construit toujours. « Terre des pures », les peuples qui la composent, sont divers et riches en cultures, une des mosaïques du grand puzzle que sont les Indes. Voici un tour d’horizon de ce pays aux multiples facettes, fantastique et encore préservé du tumulte du monde.

Un peuple, deux territoires : Histoire et politique

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Lac Attabad, formé en 2010 à la suite d’inondations massives et des éboulements qui en résultent. C’est aujourd’hui un des sites touristiques les plus visités du nord du pays, avec notamment des sports nautiques pour les plus aisés. – Gilgit-Baltistan

La première idée qui nous vient à l’esprit lorsqu’on parle du Pakistan est « foyer de terroriste ». Or, le pays n’est évidemment, pas (que) cela. C’est un pays à l’histoire ancienne et le berceau de civilisations avancées comme celle de l’Indus (ou Civilisation harappéenne), située aux alentours du IVème au IIème millénaire avant notre ère (1). Les sites archéologiques d’Harappa, Mohenjo-Daro ou Mehrgarh sont toujours là pour nous le rappeler. Civilisation pré-historique au sens de l’absence de sources littéraires ou de citations de civilisations voisines, les centres urbains de cette culture sont en avance sur la conception que nous nous en faisons : écoulement des eaux usées, murailles, plans tracés au cordeau, artisanat développé et un alphabet qui n’a pas encore été déchiffré. Tombée dans l’oubli, elle aurait déclinée sous l’avancée des civilisations aryennes et fut redécouverte lors du Raj britannique.

Un saut dans le temps nous emmène sous la domination européenne. Issu des possessions coloniales de la Compagnie des Indes Orientales, le Raj britannique est sous la coupe du Royaume-Uni depuis le XVIIIème siècle, il englobe alors le Pakistan jusqu’aux Myanmar actuel (2). Du jour au lendemain, lors des évènements qui mènent à l’indépendance des Indes le 14 août 1947 et de la partition qui entre en vigueur le 15 août 1947, le pays se morcèle. Une unité de foi, de cultures millénaires, scindées par des barbelés pour aujourd’hui plus de 230 millions d’âmes sur un territoire un peu plus grand que la France (770 000 kilomètres carrés). La terre des « cinq rivières » est le meilleur exemple de la partition. Le Pandjab est une seule région séparée depuis la partition, constituée d’une ethnie : les pandjabis et de plusieurs religions : musulmans, sikhs ou quelques hindous. Cette terre composite est marquée aussi au nord : géographiquement la province du Gilgit-Baltistan appartient à l’Asie centrale. Cela se ressent dans la culture et dans l’assiette. Cette partition, c’est la psyché traumatique constituante de la mentalité contemporaine des indiens, pakistanais et bangladais. Autant les fresques iraniennes appelaient à la mort des États-Unis, les fresques et les messages muraux pakistanais prônent le rattachement du Jammu-et-Kashmir, glorifient les soldats morts… Elles sont l’histoire vivante d’un passé glorieux, d’une unité révolue.

Aujourd’hui, le pays cherche l’unité en son sein et malgré la politique politicienne de ses dirigeants, les sentiments sont moins mauvais envers les indiens que ceux des indiens à leur égard. Tout dans la symbolique nationale évoque l’unité dans la multitude. Le nom d’abord : Pakistan signifierait « pays des purs » (pak = pur en ourdou), ou une autre interprétation en fait l’acronyme des différentes régions du pays : P pour Panjāb, A pour Afghania, K pour Kashmir, S pour Sind, Stan pour Baloutchistan et/ou « la terre de ». Le drapeau ensuite : les minorités sont représentées par le quart blanc et les musulmans par la majorité verte. Les messages sur les murs, dans les villes, ou les montagnes évoquent l’amour, l’accueil et l’amitié, ce que nous, en tant que voyageurs, nous ressentons pleinement. La jeunesse du pays (âge moyen de 22 ans) se ressent aussi dans la curiosité des habitants, cette vigueur et ce constant mouvement. Les langues ourdou et hindi sont les mêmes, appelée alors hindoustani avant la Partition, une langue indo-européenne puisant ses racines dans les langues perses et écrite en alphabet arabo-perse. Les pakistanais comprennent et écoutent les musiques indiennes à succès, l’inverse est moins vrai encore une fois !

La perte du frère de l’est et le conflit sous-jacent (3) a poussé le pays à chercher des appuis ailleurs : il est parmi un des premiers pays à reconnaître la Chine de Mao, devenu depuis un partenaire stratégique.

Amitié à sens unique

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La version chinoise du préfabriqué : la ville ! Construction proche du barrage de Suki Kinari devant être mis en eau en 2023. Tout y est écrit en chinois, le complexe fait office de bureaux, résidences et lieux de vie pour les travailleurs chinois venus diriger les opérations de construction et construire les ouvrages. – Khyber Pakhtunkhwa

La « Pak-China Friendship » commence il y a près de trois décennies lorsque le Pakistan reconnaît la Chine Populaire comme seul régime souverain de la partie continentale (4). Les partenariats stratégiques débutent rapidement et les contentieux frontaliers sont réglés dès 1963 alors que l’Inde n’a toujours pas résolu la question de ses frontières avec la Chine (5). Cette amitié vise à contrebalancer la puissance démographique indienne qui domine face au Pakistan, avec une armée qui est près de trois fois plus nombreuses que la leur. Les indiens s’étant rapprochés des soviétiques durant la Guerre Froide, le Pakistan devient, l’allié naturel des États-Unis d’Amérique. Le Pakistan et l’Inde entre dans le jeu de la Guerre froide, à leur manière, en devenant une des zones tampons du conflit idéologique.

Le partenariat le plus récent entre le Pakistan et la Chine vise à créer la portion pakistanaise du projet des « Nouvelles routes de la soie » chinoises (ou Belt and Road Initiative, BRI). Visant à relier le Xinjiang situé au sud-ouest de la Chine, au port pakistanais de Gwadar (qui n’a de pakistanais que le nom car il a été cédé à la Chine en 2015 pour une durée de 43 ans) localisé au sud du pays. Le Pakistan bénéficierait d’une manne de plus de 46 milliards de dollars initialement pour la construction des ouvrages d’art et autres infrastructures liées au projet sur près de 3000 kilomètres. Les chiffres indiqués aujourd’hui sont supérieurs à 62 milliards de dollars et pourraient continuer à augmenter (6). En cause, les forts besoins, en augmentation, des capacités électriques du pays dont la production est encore trop faible pour la population mais aussi pour les infrastructures. Une partie du projet a déjà été réalisée notamment la Karakorum Highway, dans les zones montagneuses du nord, où tout au long de la route nous voyons écrit « Pak-China friendship ♡ ». Cet enthousiasme manuscrit n’est pas forcément de rigueur dans les faits.

Ce corridor construit par les chinois, pour les chinois, en terre pakistanaise projette la puissance économique du pays du Milieu à l’étranger. Le long de cette route, des barrages hydro-électrique sont édifiés pour participer à l’effort de modernisation du Pakistan. Cela masque le fait que ce sont surtout des centrales à charbon qui viennent augmenter principalement la production électrique avec 33 milliards de dollars investis dans celles-ci (7), et qu’il s’agit surtout de convoyer les marchandises rapidement vers le port marchand. Le Pakistan est le laboratoire des tests de la Nouvelle Route de la soie chinoise. Un voisin riche par son territoire et docile par son caractère. Elle est vue par beaucoup, et en premier lieu par l’Inde, comme une colonisation économique et une prise de partie de la Chine dans la guerre pour le contrôle du Kashmir (8).

Cette colonisation tacite est vue favorablement par les gouvernants mais les habitants sont bien conscients du racisme des chinois envers eux, racisme qui est manifeste d’un regard étranger (à lire notamment dans notre Tome I du Pakistan). À de nombreuses reprises, nous avons pu voir sur la route des complexes de pré-fabriqués chinois atteignant la taille de petites villes, bourdonnant de vie et d’engins de chantier. L’emprise se voit tout au long de la route du nord, par le tourisme de plus en plus important au Pakistan et se constate aussi parfois dans l’assiette avec des plats chinois adaptés au palais pakistanais. Les clés sont aux mains des chinois pour les décennies à venir du fait des contrats qui les lient.

Armée et indépendances

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Dieu (Shiva ?) et prince moghol. Miniature de l’ère moghole. – Musée d’histoire, Lahore Museum à Lahore.

En 1998, le pays se dote de l’arme nucléaire pour faire face à l’Inde, voisin démesuré avec lequel il n’est pas question de rivaliser par les seules troupes régulières. Allié des États-Unis d’Amérique et de la Chine, le Pakistan compense la faiblesse numérique de son armée par rapport à l’Inde, par « l’avance technologique » dont disposent chinois et états-uniens en matière d’armement qui lui est vendu. Ce sont trois guerres qui ont eu lieux en 1947, 1965 et 1971 et de multiples conflits mineurs depuis lors. Durant notre séjour, l’état autonome du Cachemire indien (Jammu-et-Cachemire) fut officiellement rattaché à l’Union indienne ce qui a provoqué l’ire des pakistanais, ayant toujours l’espoir, qu’un jour, cette partie à majorité musulmane du sous-continent, soit intégrée aux frontières pakistanaises. Cet épisode a ravivé les tensions sur la ligne de séparation entre les deux Cachemires qui existe depuis 1947. Des portraits photos à la gloire des martyrs morts suites aux accrochages le long de la frontière sont visibles partout dans les rues du pays.

Le pays est tiraillé entre les volontés d’autonomies provinciales de certaines communautés et les pouvoirs encore importants que l’armée détient. En fin d’année 2019, une grande marche sur Islamabad a eu lieu pour dénoncer la corruption du premier-ministre actuel Imran Khan et ses liens avec l’armée en demandant sa démission (9). Pour obtenir la magistrature suprême au Pakistan, il faut des accointances avec les forces armées, sans lesquelles il est impossible de briguer le pouvoir. À la suite de cette marche, les forces armées soutenants encore le chef du gouvernement, la destitution de ce dernier ne fut pas même envisageable, malgré qu’elles aient déclaré leur non-intervention dans la crise (10). Pour faire vivre le paradoxe, l’armée reste la garante démocratique du pays en empêchant tout coup d’état (civil, évidemment), mais aussi tout accession au pouvoir d’un parti trop réformateur ou trop obscurantiste. Le général en chef des armées a le pouvoir de veto sur les questions de diplomatie régionale et de politique stratégique, comme l’illustre la non intervention dans la guerre au Yémen mené par son principal mécène, l’Arabie Saoudite (11). En cela, c’est une forme de gouvernement tricaméral au sens où l’armée détient un pouvoir politique concret…

Le pays alterne entre guerre et paix depuis la partition, ce qui explique entre autre la présence des soldats partout dans le pays. Elle est manifeste en ville, à la campagne, sur des tronçons de route ou dans des quartiers qui sont parfois morcelés par des points de contrôles militaires. Cette omniprésence permet sans doute de tempérer les ardeurs de la police dont l’appétence pour les dessous de table est apparemment fameuse. Les attentats du 11 septembre 2001 ont rappelé le fait qu’une frontière existait entre Pakistan et Afghanistan. L’idée que l’on se fait souvent du « terroriste pakistanais » nous vient, à tort, des pachtounes. Cette tribu fondatrice de l’Afghanistan moderne représente 15% de la population pakistanaise et fut séparée du frère afghan lorsque la ligne Durand fut dessinée en 1893 entre les deux pays par les colons européens, « non reconnue par l’Etat afghan mais intangible pour l’État pakistanais » (12). Il est alors naturel pour eux qu’un peuple vienne en soutien à son parent en faisant fi des « frontières », cela n’ayant pas force de loi pour eux ! Ce peuple farouchement indépendant, qui représente tout de même cinquante millions d’âmes d’un côté et de l’autre de la frontière, lutte pour préserver son exception culturelle et une relative autonomie (13). Ces insoumis dans l’âme ont résisté lors du Raj britannique qui finit par leur accorder un statut de province autonome à défaut de pouvoir affirmer le joug de la couronne. Le jeune gouvernement pakistanais fit de même, faute d’arriver à les dompter en créant la région administrative du Khyber Pakhtunkhwa qui porte leur nom.

L’armée, garante du parlementarisme pakistanais, empêche aussi l’accession au pouvoir de partis islamistes radicaux. La liberté d’expression va et vient comme beaucoup de choses dans le pays et il n’est pas toujours évident pour les journalistes d’en montrer la teneur (14). Ces questions sous-tendent énormément sa « neutralité islamique » dans son rapport à l’extérieur qui est quasiment inversement proportionnelle à sa vision d’un « bon musulman » à l’intérieur.

Culture d’Islam et racines indiennes

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Entrée de la moquée Wazir Khan. Terminée en 1641, c’est un des chef-d’oeuvre de l’art moghol, notamment pour ses mosaïques, initiée sous l’empereur Shah Jahan. Elle est sur la Liste Indicatives de l’UNESCO depuis 1993. – Walled City of Lahore

L’Occident rattache souvent le Pakistan à « l’Orient musulman ». Le pays est pourtant peuplé de ce que nous pourrions qualifier d’indiens ethniques (15) et la légende voudrait, de descendants de soldats grecques datant de la conquête d’Alexandre le Grand. À la mort de ce dernier, l’éphémère Empire macédonien laisse place à une kyrielle de petit états « grecs » à la durée de vie plus ou moins longue (16). Cette épisode de l’Histoire faciliterait l’explication de la couleur de peau de certains habitants du nord, leurs yeux bleus ainsi que des cheveux aux couleurs trop occidentales dans ce patchwork du sous-continent (17). Les ethnies sont nombreuses : pandjabis, pachtounes, sindhis, saraikis, muhadjirs (indiens musulmans de langue ourdou déplacés lors de la partition des Indes), baloutches, ou encore kalashs (les descendants manifestent des soldats hellènes). On peut parler de « pakistanais » sur le passeport, mais ethniquement son existence reste à démontrer… Si ce n’est peut-être une résultante du métissage inter-ethnique, quand il existe, des différentes régions du pays !

La société est marquée par la tradition islamique dont découle la place des femmes ou la pratique de la religion, mais la culture est éminemment indienne dans les plaines de l’est du pays où résident la majorité de la population. Au sein même de la communauté musulmane du pays, il existe des parias. Les « qadianis » (terme péjoratif utilisé par la population mais aussi par le gouvernement) ou « ahmadiyyas » comme ils se nomment eux-mêmes, victimes de persécutions car considérés comme non-musulmans. Ils ont dû fuir pour une majorité vers l’Europe. Le Pakistan est musulman avec près de 96% de la population, mais des communautés hindous, chrétiennes et dans une moindre mesure juives et jaïnes subsistent (18). Cette écrasante majorité est une résultante de la séparation soudaine du pays où il existait alors une minorité plus importante, de l’ordre de 23% de la population. Mais les lois et discriminations qu’ont subit ces « infidèles » ont eu raison de leur foi. Ainsi ont eu lieu de véritables pogroms, de sunnites contre les chiites (qui compte pour environ 20% de la population) ou les ahmadiyyas, de musulmans contre les chrétiens. Un musulman peu digresser contre toutes les religions autre que l’islam en toute impunité, l’inverse pour un catholique ou autre minorité est passible de mort, de prison ou d’amende dans les meilleurs jours du juge (19)… Cet héritage de la partition est un des stigmates des musulmans minoritaires de l’ancien Empire des Indes.

Paradoxe, c’est aussi comme en Iran, un pays modèle de la bonté musulmane. Comme ils aiment le rappeler, le nom du pays évoque le « pays des purs », appellation qui chez eux n’est pas usurpée, au moins pour les touristes de passage. Pratiquants, parfois dévots, parfois plus séculiers, parfois candides, les pakistanais ont quelque chose d’unique, une douceur d’âme singulière. Les trois capitales connues du Pakistan sont encore le reflet de cette variété : l’économie à Karachi, le politique à Islamabad et Lahore, joyaux de la culture. Islamabad (« la ville de l’Islam ») est le symbole voulu de la modernité du pays et de la vision pakistanaise de l’Islam. Lahore est un rappel flagrant que le Pakistan appartient aux Indes, un joyaux de l’architecture et brève capitale moghol, un bouillon de culture(s) et de parfums. Karachi, à l’économie furieuse, est l’un des symptômes d’un pays où les ressources commencent à se tarir…

Les conflits inter-ethniques et religieux participent à scier la branche sans que les gouvernants n’agissent significativement. Ce petit pays pour une population si grande commence à sentir les effets de la surexploitation des ressources.

La conscience et le passage à l’acte : désastre en cours et paillettes

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Rickshaw dans la campagne de Wazirabad. Un jour de « temps clair » dans la campagne avant un épisode de pollution massive le lendemain, dû aux brulis de cultures en provenance du Pandjab indien à quelques kilomètres de là. – Pandjab pakistanais

L’économie progresse comme en Inde, voir à un rythme plus soutenu ces dernières années (20). Mais le Pakistan reste englué dans le même schéma que beaucoup de pays émergents : des oligarques détiennent les grands groupes et s’enrichissent grâce au soutien du gouvernement, ou à son insu (21). Ce développement rapide et inégal participe à la destruction de l’environnement comme dans tant d’endroits du monde.

Le bois est un des exemples du désastre en cours. Des panneaux et graffitis scandent la devise « One, two, three, plant a tree ! » un peu partout et notamment à l’entrée des parcs nationaux pour conjurer le mauvais sort. Sans grands effets pour le moment, si ce n’est dans les régions du Nord et de l’Ouest, moins touchées par la croissance galopante des autres régions. Le Pakistan est tristement détenteur de la médaille d’argent en terme de déforestation massive, en deuxième position derrière le Brésil, dont on ne peut qu’imaginer les conséquences sur la faune et la flore. La destruction des niches de biodiversité, la chasse aux trophées rares et la pollution ont des conséquences rapides et graves sur les écosystèmes du pays. Des animaux uniques comme le léopard des neiges, le sousouc (ou dauphin du Ganges) mais aussi les près de 6 000 espèces répertoriées au Pakistan pâtissent de cet environnement qui s’écroule. En connaissance de cause, le gouvernement a créé de nombreuses réserves naturelles et Parcs nationaux ou même des réserves de chasses dédiées permettant d’isoler les spécimens « disponibles ».

Urbanisé à près de 40% (22), la population ne dispose que de seulement 35% de terres arables (23) pour les besoins alimentaires. Les populations se concentrent dans les plaines du Sindh et du Pandjab et cette densité entraînent des conditions d’hygiène déplorables dont le gouvernement peine à se libérer. Ainsi, des épisodes de Dengue sévissant dans le pays ont entraîné une mortalité très importante, même comparé à d’autres voisins asiatiques (24). La pollution des eaux et la transmission de maladies par les conduites d’égouts apparentes, les pollutions générées par des sites industriels, les écoulements des eaux issues de terrains agricoles non-retraités, les ressources limitées en eau potable avec seulement 70% de la population ayant accès à une eau propre (soit plus de 69 millions d’habitants laissés pour compte), l’érosion des sols ou la désertification de certaines régions (comme le Baloutchistan, frontalier de l’Iran) ne sont que quelques-uns des problèmes qui touchent le Pakistan… La pollution de l’air peut atteindre des niveaux catastrophiques comme chez le voisin indien et lorsque nous étions à Lahore, nous avons vécu notre premier épisode de pollution majeur (25). Un lourd nuage vous empêche alors de voir à plus de cinquante mètres, impressionnant par rapport à nos alertes françaises aux particules fines !

Le chemin est long vers le « progrès » et le respect de tout, mais le pays garde cette singularité, cette exception culturelle qui en fait ce qu’il est aujourd’hui.

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Banian dans le parc du mausolée de l’empereur Shah Jahangir. Symbole du sous-continent, il est visible en bien des endroits. Arbre fascinant, il peut couvrir jusqu’à plusieurs hectares ! – Lahore

Tout au Pakistan évoque cette âme tortueuse… Tenaillé entre les cultures de l’Ouest et de l’Est, le Pakistan est coincé dans ses relations diplomatiques régionales. Il se cherche en bon voisin de son entourage face à son ennemi voisin indien, s’efforce actuellement à limiter son jeu trouble avec l’Afghanistan et ménage son entente avec l’Iran, ennemi historique d’un de ses premiers soutiens, l’Arabie Saoudite (11). Exemple parfait d’une image dégradée à l’international construite en grande partie par les médias, le pays est en vérité un des plus beaux et complexes que nous ayons pu découvrir. Nous souhaitons à la fois qu’il puisse se développer dans une bonne direction mais aussi qu’il reste préservé du tumulte du monde, pour aussi longtemps que possible. Imparfait mais éclatant, c’est le « joyaux de la couronne » restant !

Itinéraires et photographies

Nous sommes rentrés en France à la fin de l’année 2019, venez voir nos photos et retracez la route parcourue en cliquant ici ! Ou bien continuez à nous suivre sur les chemins de France et d’Europe en cliquant là !

Jetez un coup d’œil à notre Carnet de voyage !

Lectures

  1. « Civilisation de la vallée de l’Indus », http://www.wikipedia.org, https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_de_la_vall%C3%A9e_de_l%27Indus
  2. « Raj britannique », http://www.wikipedia.org, https://fr.wikipedia.org/wiki/Raj_britannique
  3. « Indo-Pakistani wars and conflicts », http://www.wikipedia.org, https://en.m.wikipedia.org/wiki/Indo-Pakistani_wars_and_conflicts
  4. « China–Pakistan relations », http://www.wikipedia.org, https://en.wikipedia.org/wiki/China%E2%80%93Pakistan_relations
  5. Helen DAVIDSON et Ben DOHERTY, « Explainer: what is the deadly India-China border dispute about? », 17 juin 2020, http://www.theguardian.com,
    https://www.theguardian.com/world/2020/jun/17/explainer-what-is-the-deadly-india-china-border-dispute-about
  6. Thomas S. EDER et Jacob MARDELL, « The BRI in Pakistan: China’s flagship economic corridor », 20 mai 2020, http://www.merics.org, https://www.merics.org/en/bri-tracker/the-bri-in-pakistan
  7. « Nouvelles routes de la soie : le coup commercial du siècle qui précipite l’effondrement », 16 mars 2020, www/mrmondialisation.org, https://mrmondialisation.org/nouvelles-routes-de-la-soie-le-coup-commercial-du-siecle-precipite-leffondrement/
  8. Anna BRUCE-LOCKHART, « China’s $900 billion New Silk Road. What you need to knows », 26 juin 2017, http://www.weforum.org,
    https://www.weforum.org/agenda/2017/06/china-new-silk-road-explainer/
  9. « Azadi march », http://www.wikipedia.org, https://en.wikipedia.org/wiki/2019_Azadi_march
  10. « ISPR chief rules out army role in defusing crisis », http://www.dawn.com, 7 novembre 2019, https://www.dawn.com/news/1515395/ispr-chief-rules-out-army-role-in-defusing-crisis
  11. Jean-Lux RACINE, « Le Pakistan cherche sa place dans une région tourmentée », mars 2016, http://www.monde-diplomatique.fr, https://www.monde-diplomatique.fr/2016/03/RACINE/54921
  12. Georges LEFEUVRE, « La frontière afghano-pakistanaise, source de guerre, clef de la paix », octobre 2010, http://www.monde-diplomatique.fr, https://www.monde-diplomatique.fr/2010/10/LEFEUVRE/19779
  13. Dmitry ORLOV, « The five stages of collapse », 1er juin 2013, New Society Publishers
  14. Hannah ELLIS-PETERSEN et Shah Meer BALOCH, « ‘Extreme fear and self-censorship’: media freedom under threat in Pakistan », http://www.theguardian.com, 5 novembre 2019, https://www.theguardian.com/world/2019/nov/05/extreme-fear-and-self-censorship-media-in-pakistan-under-attack
  15. Michel ANGOT, « Histoire des Indes », 20 juin 2017, Les Belles Lettres
  16. « Royaume indo-grecs », http://www.wikipedia.org, https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Royaumes_indo-grecs
  17. « Nous sommes les descendants d’Alexandre le Grand », Le Monde Diplomatique, mai 2010, https://www.monde-diplomatique.fr/2010/05/AUTHEMAN/19108
  18. « Religion in Pakistan », http://www.britannica.com, https://www.britannica.com/place/Pakistan/Religion
  19. B. A. ROBINSON, « Religious intolerance in Pakistan », 8 juillet 2003, http://www.religioustolerance.org, http://www.religioustolerance.org/rt_pakis.htm
  20. « Pakistan – Economic Indicators », http://www.tradingeconomics.org, https://tradingeconomics.com/pakistan/indicators
  21. Ibrahim WARDE, « Comment un homme d’affaires pakistanais a berné les élites économiques mondiales », Le Monde Diplomatique, novembre 2019, https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/WARDE/60953
  22. « Pakistan – Urbanisation », http://www.perspective.usherbrooke.ca, http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/PAK/fr/EN.URB.MCTY.html
  23. « South-East Asia : Pakistan », 10 juin 2020, https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/pk.html
  24. Ahsan RAZA, « Smog forces govt to close schools in Lahore today », 7 novembre 2019, http://www.dawn.com, https://www.dawn.com/news/1515376/smog-forces-govt-to-close-schools-in-lahore-today
  25. Ikram JUNAIDI, « Dengue outbreak sets new record in Pakistan », 7 novembre 2019, http://www.dawn.com, https://www.dawn.com/news/1515168/dengue-outbreak-sets-new-record-in-pakistan

Autres sources

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