Pakistan, de Wazirabad à la frontière de Wahga, tome 3

Précédemment, nous avions descendu le pays en direction d’Islamabad où un peu de repos avait permis à Julien de retrouver la forme. Par la suite, nous avions quitté la capitale pour nous rendre chez Mazar et Meer rencontrés un peu plus tôt en Chine. La famille de Mazar nous a accueilli à bras ouverts !

Le lendemain, nous démarrons notre journée par des emplettes sur le marché après un petit déjeuner en bonne et due forme. Nous pénétrons dans les ruelles exigües et sombres de la ville qui fourmillent de tout et en tout genre. Il est possible de trouver une multitude de denrées alimentaires, mais aussi des vêtements, du cuir, des chaussures et encore bien d’autres choses. Des femmes voilées côtoient des jeunes filles aux habits colorés, des hommes enturbannés échangent avec d’autres aux allures plus décontractées. Les passagers se bousculent, se poussent et s’interpellent. Nous ne passons pas inaperçus dans cette foule. Au détour d’une rue, des pakistanais se font des signes pour nous désigner. Comme nous avons prévu de cuisiner le repas de midi, nous discutons devant les stands de fruits et légumes. Mazar traduit aux vendeurs qui nous tendent les marchandises avec un grand sourire. Puis, il nous emmène dans un magasin de vêtements où des tuniques aux couleurs chatoyantes sont exposées. Il veut m’en offrir une. Je me sens mal à l’aise… mais peut-être que lui aussi doit se sentir gêné que je ne sois pas habillée selon les codes pakistanais. Et surtout il parait très heureux de nous faire un cadeau ! J’accepte, mais il faut désormais en choisir une et ce n’est pas une mince affaire… Les tissus sont très colorés, pailletés et brodés de la tête au pied. J’ai du mal à m’imaginer portant l’une d’elles. Pourtant après un moment, je finis par faire mon choix. Elle est de couleur bleu nuit, brodée de toutes parts avec du fil doré. Dans la frise du col, des roses rouges sont présentes ainsi qu’en bas du vêtement. Il n’y a pas de cabine d’essayage dans le petit magasin. Mazar me dit de l’emmener et il la ramènera au magasin si elle ne me va pas. Une fois rentrés chez eux, j’essaye ce nouveau vêtement émerveillant ainsi toutes les femmes de la famille. Puis nous passons aux fourneaux. Au menu, nous avons prévu de cuisiner des pâtes fraîches maison, du caviar d’aubergine, de la salade de concombre et tomates et enfin des œufs à la coque. Femmes et hommes sont très surpris que Julien fasse à manger. Ils me questionnent, est-ce normal ? Est-ce que cela arrive souvent ? Surtout qu’il a en charge la confection des pâtes, il pétrit et a de la farine jusqu’au coude ! Alors que les enfants ne cessent de nous regarder, curieux et interloqués, Fatima et Sanaa nous aident dans les préparatifs. Nous avons prévu de faire à manger pour dix personnes, toutefois au fur et à mesure des amis de la famille, d’autres cousines ou oncles se joignent à eux dans le salon. Nous augmentons les quantités, cependant il est difficile de doubler les portions sans avoir anticipé. Le repas est servi et nous sommes désormais une vingtaine. Il n’y a pas assez de chaises autour de la table mais cela n’a pas beaucoup d’importance, les convives se servent comme dans un buffet. Les pâtes fraiches font sensation, le caviar d’aubergine est également apprécié alors que la salade est un peu délaissée. Le moment de la dégustation des œufs à la coque reste le plus surprenant. Tel une madeleine de Proust, j’aime beaucoup cuire les œufs de cette manière. Aussi, nous expliquons comment il faut les manger car personne autour de la table n’en a déjà goûté. Dans la plupart des pays traversés, les œufs sont cuisinés très souvent en omelette et quelques fois au plat. « On tapote sur le haut de l’œuf, puis avec un couteau on lui coupe la tête, après avoir déposé une pincée de sel, on trempe les mouillettes dans le jaune qui normalement est bien coulant. Pour faciliter la dégustation, on peut s’aider d’une petite cuillère » : les regards sont soit dégoutés, soit très intrigués. Quelques-uns se lancent dans l’expérience alors que d’autres font la moue. Mais tout le monde rigole de cette bizarrerie, servir des œufs non cuits, quelle idée ! C’est bien un truc d’occidentaux !

Le ventre rempli, nous retrouvons Meer et nous partons visiter les alentours. Le paysage défile derrière les vitres, nous passons au-dessus d’un large barrage et traversons la campagne. De grands troupeaux de bufflonnes paissent dans les champs ou bien nous barrent la route, des chameaux sont tirés par leurs maîtres sur les bords de route. Les arbres sont couverts de poussière et de pollution. La clarté du soleil illumine la brume qui enveloppe la campagne. Des rizières, des bufflonnes, des chameaux, ânes, cannes à sucre, l’image même du Punjab… L’air est humide et chaud. Le soleil se couche tôt en cette saison, nous sommes à la fin du mois d’octobre et vers 16h, la boule de lumière disparaît dans nuage opalescent.

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Marché de Wazirabad
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Bufflonnes traversant la route – Environs de Wazirabad
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Repas cuisiné par nos soins – Wazirabad

Les deux amis nous emmènent visiter un restaurant de rue où nous mangeons des Panipuri (Par ici pour découvrir les plats pakistanais !). L’espace public est complètement saturé, il y a de nombreux véhicules qui klaxonnent plus forts les uns que les autres pour se frayer un passage. C’est avec nos cœurs pincés d’européens que nous voyons des ânes harnachés à leur charrette, attendre dans la pollution et dans le brouhaha. Il est difficile de ne pas aborder le Pakistan sans évoquer les camions multicolores ! Entièrement peints, de grands yeux à l’arrière, des paons, des mosquées, le portrait du chauffeur ou celui du père, des tigres ou des lions, des aigles, des poissons et des cocotiers, des bananiers, des cœurs, des motifs géométriques, des sourates du Coran, des montagnes, d’autres oiseaux et fleurs multicolores recouvrent le véhicule. Des chaînes pendent sur tout le pourtour, des lumières installées dans la cabine illuminent l’engin, des frous frous pour éloigner le mauvais sort, des médailles et d’autres éléments métalliques colorés sont également accrochés sur le véhicule. Ces camions égayent les routes déjà bien envahies de couleurs et de vie. Un de nos regrets est de ne pas être montés à bord ! Nous continuons notre visite par un bar en extérieur le long d’une grande route passante, perpendiculairement à cette route coule une rivière. Meer et Mazar nous explique qu’en journée des chameaux viennent s’y abreuver. Meer nous prévient qu’il ne faut pas rentrer trop tard car nous sommes attendus par sa femme pour le dîner. N’ayant pas tout à fait digéré le plat de midi, puis enchainé sur des Panipuri, j’ai du mal à concevoir que l’on va passer à table ! Une fois dans la maison de Meer, nous faisons connaissance de toute la famille. Son frère et sa famille habitent également dans la même maison ainsi que sa mère. Nous prenons place dans un salon qui se trouve être une pièce intimiste à l’entrée de la maison. Sa femme est très gentille et également une excellente cuisinière. Les délicieux plats qui défilent me font oublier mon absence d’appétit !

De retour à la maison, nous préparons nos affaires pour le départ. Au petit matin, le cœur gros, nous installons nos sacs dans un rickshaw. Abiha en face de moi est tout de blanc vêtue, ses grands yeux noirs sont humides. Le regard embué, nous embrassons la famille et les remercions chaleureusement. Il n’est pas rare de croiser des gens au grand cœur et ces jours partagés avec eux furent ravissants. Nous nous sommes faits des amis, des amis de passage, pour quelques jours ou peut-être plus. Nous aimerions un jour les revoir en France et à notre tour, leur donner tout ce qu’ils ont pu faire pour nous. Cette vie de voyage laisse un goût d’amertume que le temps remplace par d’autres rencontres et de nouveaux paysages…

Le trajet est simple et l’auto-stop fonctionne très bien. Avec seulement une seule voiture, nous nous rendrons à Lahore. D’ici plusieurs jours, nous atteindrons l’Inde et rejoindrons Paul, un ami de Julien, il n’est donc pas question de trainer en route. Arrivés dans cette grande ville, nous sommes reçus par Ubaid, qui mari sa sœur le lendemain. Généreux, il nous a convié à la cérémonie. Il est assez stressé et a beaucoup de choses à faire. Nous l’attendons longuement à son bureau qui est un magasin de fournitures pour l’aménagement intérieur de maisons. Il nous emmène rapidement manger un morceau puis nous dépose dans un hôtel. Nous n’aurons pas l’occasion de venir chez lui car la maison est pleine ! Pour les invités supplémentaires, ils ont réservé un hôtel qui leur a fait un prix car il venait d’ouvrir. Nous passons le reste de l’après-midi dans une chambre-appartement complètement vide, assez sale avec comme seul environnement extérieur des friches d’une ancienne zone militaire. Tout autour la pollution bloque la vue sur le paysage. En soirée, un dîner a lieu pour célébrer la nouvelle union. Au Pakistan, les mariages se déroulent sur plusieurs jours comme dans d’autres pays. Le soir, nous nous retrouvons donc dans la famille de la future mariée pour une première fête. En cette occasion, seulement les convives de l’épouse sont réunis. Nous avons tenté de faire bonne figure. J’ai enfilé la tunique bleue, pris le châle brodé en laine de yack, lavé mes cheveux et ôté mes lunettes pour l’occasion. Julien n’ayant rien trouvé de satisfaisant, il a enfilé une chemise à carreau et a raccourci sa barbe. Nous sommes bien ridicules dans cet accoutrement. Avec bienveillance, nous sommes accueillis dans le jardin de la demeure où sont installés des canapés et des tables basses. La mariée ouvre la soirée en marchant lentement sur un chemin qui mène à une estrade où elle restera assise dans un grand canapé le reste de la soirée. Des lumières et des feux d’artifice sont lancés. Puis le repas est servi sous forme de buffet, il s’agit de délicieux mets, tous différents. À proximité de nous, un couple de convives parlent anglais et nous racontent leur vie. Lui, est un ancien pilote de l’air alors qu’elle était professeure de langues à Karachi. Une fois retraités, ils ont décidé de déménager à Lahore. La vie au sud du pays et surtout dans la grande ville de Karachi était devenue insoutenable. La chaleur, la pollution de l’air et les ruptures d’approvisionnement en eau rendent les conditions de vie difficiles. Si des pakistanais aisés tiennent ce discours, que doit-il en être pour les plus pauvres ? Nous montons sur l’estrade pour remercier la mariée de son accueil et lui offrir un présent. Il s’agit des couteaux dont on nous avait également fait cadeau à la coutellerie de Wazirabad. Ubaid vient nous chercher pour nous dire que c’est l’heure de rentrer… C’est assez surprenant car tout le monde semble rester.

Le lendemain, le mariage démarre le matin. Il s’agit du jour J où le marié, une fois la cérémonie ayant eu lieu, emmène sa femme dans la ville de Multan. Les fiancés sont tous les deux avocats mais comme la sœur d’Ubaid travaille à Lahore et a un poste à responsabilités, ils emménageront en ville. Pour elle, il n’est pas question d’arrêter son emploi une fois marié, bien au contraire. Son frère nous raconte qu’elle a travaillé dur pour obtenir son poste et la société pakistanaise, surtout dans les milieux aisés, accepte que les femmes travaillent. En effet, il faut le reconnaître, nous sommes à nouveau dans un milieu fortuné qui ne reflète pas vraiment ce que doit vivre la majorité de la population pakistanaise. L’heure tourne et Ubaid ne nous a toujours pas appelé. Nous nous demandons même s’il a envie que nous venions… C’est assez étrange. Puis sur les coups de midi, nous prenons un taxi. Ce dernier nous dépose sur un grand parking. Tout autour, des bâtiments en forme de boite à chaussures, comme dans nos zones d’activité, s’enchaînent les uns à côté des autres. Chacun a un nom particulier ainsi qu’une ambiance à thème. Devant les bâtiments, de vastes parkings sont remplis de voitures. En réalité, il s’agit plutôt d’un centre commercial du mariage. Il n’y a pas un évènement mais toutes les salles ont été réservées. Ubaid nous prévient qu’il s’agit de la saison des mariages et nous ne sommes pas déçus ! Avec nos gros sacs de voyage que nous laissons dans sa voiture, nous débarquons à l’entrée du bâtiment n°5 qui s’appelle « Flowers ». Des palmiers le long d’une rampe à l’entrée indiquent le passage à emprunter. Une fois à l’intérieur, nous sommes un peu perdus. La salle est immense, de nombreux pots de fleurs en plastique trônent à côté des tables, au fond est installée une grande estrade entièrement recouverte d’éclats de miroir dont le mur du fond est couvert de roses en plastiques et le plafond de lustres scintillants. Kitch à souhait ! Nous faisons connaissance avec une amie du marié et nous donne des informations sur le déroulement de la cérémonie. Ubaid ne nous adresse pas un mot, trop stressé et occupé, il paraît ailleurs. Le marié arrive tardivement vers 13h puis la mariée une heure plus tard. Son arrivée ne passe pas inaperçue ! Une musique marque le coup d’envoi, une voiture décapotable est entrée dans le bâtiment. Conduite par Ubaid, la mariée est la passagère. Puis des petits feux d’artifice sont lancés alors qu’elle monte sur l’estrade rejoindre son promis.

La foule se presse autour d’eux pour les photographier et la mariée a dû mal à sortir du véhicule. Elle est encore plus maquillée et bien plus habillé que la veille, si cela est possible. Elle doit avoir chaud et doit être terriblement bloquée par ses nombreuses couches et tout ce maquillage. Le frère ne se chargera pas de sortir la voiture mais quelqu’un d’autre le fera à sa place. L’heure tourne, les convives vont discuter avec les mariés et avec les parents qui sont en pleurs de voir leur fille se marier. Un cocktail sans alcool, bien-sûr, nous sera servi. Puis les buffets s’ouvrent progressivement. Peu de choix et surtout une nourriture peu engageante, rien à voir avec la veille. Il faut s’asseoir et manger rapidement car il est déjà 15h, la boite à chaussure n’est réservée seulement que jusqu’à 16h. Nous engloutissons notre repas, assez peu gouteux pour l’occasion et échangeons quelques phrases avec nos voisins de table. Alors que nous ne sommes toujours pas partis, les serveurs viennent nous enlever les bouquets des tables, fermer les buffets et retirer les assiettes. En France, cela serait un crime de lèse-majesté mais nous sommes loin de chez nous et la fête continuera le soir dans la famille du marié à Multan.

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Mariage à Lahore
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Les mariés avec leurs parents – Lahore

Ce fut une expérience intéressante mais un peu troublante. La rencontre avec Ubaid n’aura pas vraiment été réussie et les moments de partage un peu courts mais nous pourrons dire que nous aurons participé à un mariage (de riches) pakistanais et que nous aurons bien été accueillis ! Et pour cela nous remercions chaleureusement Ubaid et sa famille pour ce geste. Contrairement à la France, il est courant d’inviter des voyageurs ou des amis de passage aux mariages pakistanais. Jusqu’à présent nous avons séjourné à l’extérieur de Lahore et n’avons découvert que la périphérie composée de quartiers chics résidentiels construits sur d’anciens terrains de l’armée. L’hôtel que nous avons réservé pour les prochains jours se trouve plus proche du centre car il y a maintes choses à voir dans cette ville vieille de plus de 1000 ans.

Tout d’abord, nous visiterons le mausolée de l’empereur Jahangir, monarque Moghol. Site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il fut construit en 1637. Le jardin est beau et bien entretenu. Dans une enceinte de hauts murs se trouvent plusieurs cours séparées par de grandes portes construites en grès rouge et en marbre. De hauts arbres ombragent de vastes pelouses entretenues au-dessus desquels volent les milans noirs par dizaine. Des écureuils, dont les cris stridents attirent le regard, courent à vive allure sur les monuments. Le tombeau est plongé dans l’obscurité. Cependant, il est possible de distinguer le travail finement réalisé de marqueterie de pierre. Des fleurs et leurs tiges en pierres précieuses s’entremêlent sur le marbre du mausolée. À la sortie, deux jeunes pakistanais nous interpellent. Ils veulent discuter avec nous, prendre des photos et faire des vidéos… Dans un premier temps cela est amusant puis nous avons des difficultés à mettre un terme à ces échanges qui s’appesantissent. Une autre visite incontournable de la ville est celle de la forteresse et de la mosquée situées à proximité. La mosquée Badshahi, édifiée en seulement deux ans sous l’Empire moghol, est une construction impressionnante entourée de hauts murs et de quatre minarets plus grands que ceux du Taj Mahal. Entièrement réalisée en grès rouge, la mosquée est dotée de coupoles bulbeuses en marbre comme l’intérieur de la salle de prière. Considérée comme une des plus grandes mosquées du monde, elle est capable d’accueillir dans la salle de prière et dans la cour centrale environ 100 000 fidèles. Moins impressionnante mais tout aussi remarquable par ses nombreux détails à l’intérieur des salles, la citadelle fut moins restaurée que la mosquée.

Le lendemain, nous avons déambulé dans l’ancien quartier de Lahore. Les ruelles du vieux centre ville sont sinueuses et débordantes de vie. Comme en Iran, tout s’expose ! Soutiens gorges, semelles de chaussures, nourriture et lainage ont une place de choix et les magasins par type sont de rigueur. Des véhicules klaxonnent bruyamment dans les rues qui sont encore circulables, un embouteillage de motos, scooter, rickshaw et camions bloque une voie alors que des piétons se frayent un chemin parmi les engins. Un gros engin transporte dans sa benne ouverte un cheval raide et mort. Dans une rue adjacente, à l’arrière d’un magasin, une vache marche autour d’une bassine permettant de moudre ou broyer. Nous goutons également la feuille de bétel (le Paan), comme l’explique Julien dans cet article, les pakistanais et les indiens les consomment à longueur de journée. La feuille est plongée de longues heures dans de l’eau, une couche de chaux éteinte est badigeonnée dessus, de la noix d’arec, des épices, des aromates et parfois du tabac. À l’angle d’une rue, je croise le regard d’un travesti, qui s’est voilé la tête à l’aide d’un tissu jaune canari. Je suis très surprise car dans un pays où la place de la religion est importante, reconnaître un homme travesti dans les ruelles de Lahore me semblait alors impossible. Il s’agit d’un « Hijra » ce qui désigne dans le sous-continent une communauté et une caste, celle des travestis, des homosexuels, transexuels ou hermaphrodites mais ce mot englobe aussi des traditions hindouistes anciennes (1). Il regroupe à la fois des femmes et des hommes. Cependant, la vision a évolué avec la colonisation du Royaume-Uni et depuis cette période les actes homophobes et le mépris envers cette caste ont augmenté dans la population indienne (2).

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Ruelle de Lahore
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Ruelle de Lahore
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Mosquée Badshahi – Lahore
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Devant les jardins du mausolée de l’empereur Jahangir – Lahore
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Les jardins du mausolée de l’empereur Jahangir – Lahore
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Église Saint-Andrew – Lahore
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Rue de Lahore
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Thermes de Lahore

Dans les ruelles, les bâtiments sont composés de deux à trois étages cependant l’espace est tellement étroit qu’il est difficile d’en voir la ligne de faitage. Des fils électriques et des bâches dansent entre les magasins du rez-de-chaussée. Au détour d’une venelle, une petite place ombragée par un grand figuier étrangleur, dont les racines et les branches s’accrochent aussi bien au bitume qu’aux façades, abritent des enfants qui jouent au ballon. Les ruelles nous mènent jusqu’aux anciens thermes de la ville. Restaurés et disposant de grandes fresques peintes dans les alcôves, la visite est intéressante. Les coupoles, les portes et les murs sont recouverts de minutieuses peintures colorées. Sur une promenade située en hauteur, il est possible d’admirer le système mis en place à l’époque permettant de chauffer ce vaste édifice.

Nous effectuerons un détour pour nous rendre à l’université. Il nous faut montrer patte blanche pour pénétrer dans l’enceinte du bâtiment et nous devons nous entretenir avec l’adjoint du directeur afin de justifier notre visite. Un guide nous accompagnera et nous fournira quelques informations. Edifices construits sous le Raj britannique, l’architecture néo-gothique est très surprenante. Élaboré en 1861, le bâtiment principal est muni d’une tour disposant d’une horloge, en son sein réside une église. L’université est renommée et les instituts sont majoritairement scientifiques. Le contraste entre les étudiants et les bâtiments est de taille, les femmes voilées accompagnées de leurs camarades, sont assis sous les voûtes à l’architecture européenne. Il y a un petit côté Ali Potter dans cette université ! Pour terminer cette journée, nous visiterons le musée de Lahore. De grandes pièces sont consacrées aux arts de l’islam, moghol, bouddhiste et hindou.

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Ruelle de Lahore
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Chèvre aux longues oreilles – Lahore
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Boutique de sous-vêtements – Lahore
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Feuille de Bétel – Lahore
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Chariot aux semelles – Lahore
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Plafond d’une des salles de la citadelle – Lahore
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Université de Lahore
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Eglise au sein de l’université – Lahore

Durant ces dernières semaines, mes douleurs dentaires ont augmenté. La carie soignée en Iran n’évolue pas mais le nerf est toujours à vif et me lance (pour retrouver l’histoire chez le dentiste iranien, rendez-vous ici !). Nous avons rencontré Intasar, un pakistanais avec lequel nous avons sympathisé et qui nous a recommandé un hôpital avec une bonne clinique dentaire. Je suis reçue par deux dentistes sympathiques. Lors du premier rendez-vous et après auscultation, ils m’indiquent que tout va bien à l’exception de ma greffe dentaire qui est gonflée. Réticente au départ, Julien finit de me convaincre et ils m’en retirent une partie pour l’analyser. Muni d’un scalpel, un des dentistes me fait des blagues sexistes pendant qu’il m’ôte un morceau de gencive. « On reconnaît souvent les femmes par le fait qu’elles soient plus douillettes que les hommes, n’est-ce pas ? Elles me disent souvent que je suis un bon médecin car je leur dis la vérité ». Le visage crispé et transpirant de sueur froide le long de la colonne vertébrale, je lui réponds sur le ton de la blague « Elles vous disent que vous êtes un bon professionnel avant ou après les avoir charcutées ? »… Son collègue rit. Concernant ma dent, ils proposent de la dévitaliser car ils ne voient aucune autre solution. Mais selon moi, il n’est pas question de faire ça ici, j’ai plutôt confiance en eux et les échanges en anglais restent fluides mais je ne suis pas entièrement rassurée. Après avoir contacté mon dentiste en France, il est possible de tester d’autres solutions avant d’envisager la dévitalisation complète de la dent. Avec une grande tristesse, c’est ainsi que nous prenons la décision de rentrer… De l’autre côté de la vitre du taxi, je regarde défiler les voitures, les rickshaws, les motos et autres véhicules qui klaxonnent. À moitié dans un autre monde, shootée par l’anesthésie, j’entends le muezzin appeler alors que le soleil se couche. Un brouillard épais enveloppe les avenues et les bâtiments qui ont déjà allumés leurs éclairages nocturnes. Lahore plonge doucement dans les ténèbres sans s’arrêter de vivre.

Les quelques kilomètres qui nous séparent de la frontière indienne sont effectués rapidement. En arrivant au poste frontière, des militaires inspectent nos papiers et nos sacs puis nous quittons le territoire pakistanais. À la frontière deux arènes se font face, la plus petite située côté pakistanais alors qu’une autre, démesurément grande, est du côté indien. Nous assisterons le lendemain à cette cérémonie de fermeture de la frontière de Wagah !

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Âne décoré – Lahore
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Mausolée de l’empereur Jahangir – Lahore

Lectures

  1. Célia Mercier, « La très particulière discrimination positive des travestis pakistanais », Article du journal Libération, 24 mai 2010 : https://www.liberation.fr/planete/2010/05/24/la-tres-particuliere-discrimination-positive-des-travestis-pakistanais_653978
  2. Article wikipedia concernant la communauté Hijra : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hijra_(sous-continent_indien)

Carnet d’adresses

  • Lahore :
    • Hôtel : Rose Palace hôtel
    • Restaurants : Chit Chaat (Jail Road)

Itinéraires et photographies

Nous sommes rentrés en France à la fin de l’année 2019, venez voir nos photos et retracez la route parcourue en cliquant ici ! Ou bien continuez à nous suivre sur les chemins de France et d’Europe en cliquant là !

Jetez un coup d’œil à notre Carnet de voyage !

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