Iran – De Téhéran à Bâjgirân, tome 3

Rafraîchis par l’air des montagnes, nous sommes redescendus dans la capitale iranienne pour récupérer notre visa chinois et poursuivre notre route vers l’est…

Un ultime retour à Téhéran.

Nous profitons de la fraîcheur des parcs pour pique niquer sur l’herbe à l’ombre des platanes d’Orient. La chaleur ne nous permet pas de randonner et nous n’avons pas eu l’occasion d’apercevoir les nombreux animaux sensés être présents en dehors des villes. Certains oiseaux qui me sont inconnus ont tout de même fait leur apparition. Ils se rassemblent en groupe, semblable aux corneilles. Leurs chants sont très variables, ils disposent d’une large gamme de vocalises et sont très bruyants. Ces oiseaux de la taille de merles sont perchés sur de fines pattes jaunes et ont le pourtour des yeux cernés de blanc. Je cherche vainement à connaître leur nom.

Comme dans de nombreux pays musulmans, les animaux ont la vie dure. Notre pensée occidentale chérissant nos animaux domestiques semble bien lointaine. L’Islam considère le chien comme impur et le chat ne dort pas tous les soirs sur le sofa. Nous retrouvons quelques fois des gamelles au coin des rues mais en règle générale, ils trouvent leurs bonheurs dans les poubelles lorsqu’ils ne sont pas persécutés. Quelques enfants les caillassent pour jouer et les adultes leurs donnent des coups. Saint François d’Assise n’a pas vraiment d’alter-ego au Moyen-Orient ! Dans les animaleries s’entassent des chiots, chatons, canards, poules et autres animaux en plein soleil et dans des surfaces trop petites pour avoir une existence digne de ce nom. Pour les rendre plus attractifs, quelques poussins sont bombés de toutes les couleurs… d’autres oiseaux en cage dans des cafés chantent leurs désespoirs à une clientèle, lorsqu’ils n’ont pas de chance un tissu les empêchent de voir l’extérieur.

Une autre expérience marquante à Téhéran, le métro. Des wagons en tête et en queue sont réservés aux femmes, ceux du milieu sont mixtes mais très masculins. Lorsque qu’un homme est accompagné d’une femme, elle peut venir avec lui dans les compartiments du centre. Il y a aussi des femmes seules mais elles sont bien plus rares. Ces dernières doivent se trouver un place proche de la sortie ou bien en bout de banquette afin d’éviter les contacts avec des inconnus. Je me sens bien seule entourée de tous ces hommes et j’ai un peu l’impression d’être la seule femme dans le métro, dévisagée de la tête au pied. Alors quand une femme pénètre à son tour dans le même wagon, je la regarde avec un large sourire. Lors des heures de pointe, les passagers sont très courtois et laisse Julien m’entourer de ses bras pour me « mettre à l’abri » d’un potentiel contact. Des hommes s’aventurent aussi dans ceux réservés à la gente féminine. À mon tour, je bloque Julien dans un coin et il se tourne du côté des portes pour éviter qu’il ne touche une femme. Les iraniennes rigolent !

De nombreux marchands ambulants ou mendiants sillonnent les couloirs des trains. Des enfants, des adolescents, des adultes ou des personnes âgées. Homme ou femme, ils vendent des chargeurs de téléphone portable, des stylos à bille, des lampes torches ou des mouchoirs en papier. Un soir, un jeune adolescent rentre dans un wagon pour vendre sa marchandise. Il n’a pas la place de circuler et les passagers le poussent et l’écrasent. Nous nous regardons et finissons par nous sourire. Je me rappellerai longtemps de ces yeux sombres et de ce sourire joviale. Je pense à sa vie, une vie arrachée. Les portes s’ouvrent, nous descendons.

Dans la capitale, deux musées ont retenu notre attention, celui de l’Histoire du pays et celui de la céramique. Dans le premier, les salles concernant la préhistoire et les premières traces humaines sont vides. Quelques cartes, morceaux d’ossements ou pierres se battent en duel. Ne pas investir dans l’histoire de l’Homme semble logique dans une théocratie, le créationisme n’est pas très loin (encore un point commun avec les USA !)… Les autres salles sont variées, nombreux vestiges du site Persepolis, sceaux, reconstitutions des ziggourats… nous restons tout de même déçus par ce manque d’information pour une terre si riche depuis la nuit des temps. Peut-être que le musée de l’Islam est plus complet !

Le deuxième musée que nous visiterons est également un peu frustrant. De jolies céramiques de toutes les époques et de tous les styles prennent place dans une ancienne demeure cossue. Cependant, aucune explication ne permettent de rendre le parcours intéressant.

Avec joie, nous recevons notre visa chinois ! Et avant de repartir, nous faisons la rencontre d’Émeline et Florian, deux français qui sont également sur les routes, mais eux sont à vélo. Rapidement, les sujets de conversation nous rapprochent et nous espérons pouvoir les recroiser sur le chemin !

Repéré quelques jours plus tôt sur une carte, nous prenons le train de nuit pour rejoindre le village de Siyarûdbar. La machine s’enfonce dans les montagnes pour réapparaître le lendemain de l’autre côté des reliefs du nord-est, en direction de la mer Caspienne. Nous sommes dans une couchette avec un homme et une femme qui ne sont pas en couple. La jeune femme s’est visiblement trompée en prenant ses billets et a oublié réserver l’option « compartiment pour femmes ». Elle est gênée et Julien lui propose que je dorme en face d’elle. Elle accepte avec joie !

Les paysages au petit matin sont beaux, très plats d’un côté et de l’autre nous distinguons les montagnes. Commandé par l’aubergiste de notre future maison d’hôte, un taxi nous attend à la gare. Quel luxe ! Accompagné d’une guide locale Azadeh et de Saeed, chauffeur de taxi, nous traversons les routes de montagne pour rejoindre le village. De vastes rizières puis de grandes forêts verdoyantes, c’est magnifique de voir toute cette verdure après trois semaines de désert ! Nous sommes reçus dans une petite maison perdue dans les montagnes. L’air est moite et poisseux mais les quelques degrés en moins sont les bienvenus !

En arrivant, il est coutume de faire un tour du village avec le propriétaire des lieux, Farad, hôte et garde forestier accompagné d’Azadeh. Farad essaye de faire revivre son village en invitant les habitants à reprendre des activités artisanales en échange de la manne touristique. Certains reprennent la confection de vêtements à la main et pour d’autres le tissage de tapis. Il y a quelques années le tourisme commençait à se développer en Iran mais depuis l’application des sanctions américaines ainsi que le lynchage médiatique, le tourisme est en déclin. Tous craignent l’Iran, les femmes seraient entièrement couvertes de noir, la police toute puissante et le risque d’une guerre imminent. Si une partie des craintes peuvent se révéler justifiée, le pays a bien évolué depuis la Révolution de 1979.

Farad aimerait créer un village où les touristes viennent séjourner chez les iraniens et également dépenser. Peu d’argent en poche et peu de place pour un tapis, nous ne sommes pas vraiment le profil qu’il recherche… La guide finit la visite du village à nos côtés, nous ne lui fournirons pas de travail supplémentaire pour les prochains jours mais échangeons un peu avec elle. Elle a un fils qui est au collège et elle est divorcée d’un homme américain qui est retourné y vivre. Elle souhaite que nous gardions son secret. Si le divorce est permis en Iran, il est très mal vu. Être une femme seule qui élève ses enfants n’est pas bien perçu. S’ils ont moins de cinq ans lors du divorce, la mère en aura la charge. Après cet âge, le juge peut potentiellement donner la garde au père s’il la demande. Certaines familles cachent les divorces, d’autres essayent de les éviter. Une fois, un iranien nous a raconté être revenu vivre chez ses parents pour essayer de les faire se réconcilier et éviter le divorce.

Hormis la garde et la rupture, il y a aussi l’héritage. Comme dans de nombreux pays musulmans, certaines traditions perdurent avec pour prétexte le Coran, qui mériterait selon certains théologiens contemporains une relecture. Dans la sourate 4 « les femmes », verset 11, il est écrit « en ce qui concerne vos enfants, Allah vous prescrit d’attribuer au garçon une part égale à celle de deux filles ». Le parlement iranien avait voté en 2004 un projet de loi permettant ainsi de modifier la répartition de l’héritage. Ce dernier est tombé aux oubliettes suite à l’opposition du Conseil des gardiens de la Constitution (1).

Farad habite dans un village en contre bas, mais il lui arrive de dormir chez ses beaux-parents. La petite famille est composée de Mina, sa femme, leur petite-fille pleine d’énergie, Sarah, la jeune sœur de sa femme et ses beaux-parents. À notre arrivée, Farad m’a salué sans me serrer la main et inversement, Mina et sa mère ne sont pas rentrées en contact avec Julien, religion et traditions obligent. En fin d’après-midi, Farad et Saeed nous ont emmenés en balade. Les montagnes voilées de brume disparaissent au loin sous le soleil. Les rizières recouvrent les vallées, grimpent en étage et viennent jusqu’à se nicher au creux des reliefs. De grands rocs couleur sable dominent le paysage tandis que des milliers de libellules cuivrées dévorent les insectes au-dessus de l’eau. Comme de petites poussières d’or à peine visible dans le lointain, elles font vibrer le vert éclatant des jeunes pousses de riz. Ces rizières sont alimentées par une eau claire tandis que le soleil rase le flan des monts arborés. Plus haut, des bassins de pisciculture. Notre guide nous explique que Siyarûdbar signifie « eaux noires ». Ici, l’eau n’est pas perçue comme bleue, mais noire. Nous remontons jusqu’à une cascade perdue au beau milieu des arbres et des fougères. Ce lieu est magnifique, magique et reposant. De grosses racines des arbres alentours sortent de terre, de multiples variétés de fougères dégoulinent et l’eau jaillit de nul part. Nous nous reposons un moment dans ce havre de paix verdoyant. Lorsque nous reprenons le chemin, Farad nous explique qu’il travaille à la préservation des Ifs. Cette espèce est menacée dans de nombreux endroits dans le monde alors qu’elle est utilisée pour guérir des maux tels que le cancer par exemple. Plus loin, nous retrouvons Ibrahim, apiculteur iranien entouré d’une centaine de ruches. Les abeilles se massent à la sortie de chacune pour se refroidir en fin de journée. Tout en buvant le thé, nous regardons les frelons venir tuer les abeilles et les emporter. Comparable à de grands vaisseaux jaunes vifs, ils tournoient autour des ruches puis fondent sur une proie. Quelques fois, les abeilles arrivent à en attraper un et l’entourent pour le tuer. Il tente de se dégager de leurs emprises en roulant progressivement vers l’extérieur jusqu’à ce qu’il soit totalement sorti d’affaire et emporte avec lui la dernière abeille à proximité.

Au pied d’un cour d’eau

Comme il se fait tard, Farad et Saeed décident d’emprunteur un chemin de traverse. Nous enjambons des ronces et d’autres épineux puis passons à travers plusieurs rangées de ruches. Les abeilles ont peu apprécié cette intrusion, piquant d’abord Saeed elles se tournent désormais vers moi. Sortant de sous les arbres en courant avec des abeilles accrochés à nos vêtements, dans un moment de panique, je décide de pencher ma tête pour secouer mon voile. Je le retire. En réalité, nous sommes arrivés aux abords d’une ferme où un énorme chien s’élance vers nous en nous aboyant dessus. Torse-nu, le fermier est pris par surprise ! Me voyant apparaître il s’empresse d’aller chercher un T-Shirt, le chien pendant ce temps s’approche de plus en plus dangereusement et Julien tâche tant bien que mal de cacher ma chevelure exposée aux yeux de tous alors que de mon côté j’inspecte ma tête. Saeed fait alors mine de s’asseoir pour ramasser une énorme pierre invisible, le chien pile. Le T-Shirt enfilé et le voile ajusté, nous pouvons dignement se saluer d’un hochement de tête. Le fermier nous prête deux mobylettes pour rejoindre le village car la nuit tombe. Julien monte avec Saeed sur un engin un peu capricieux et je monte avec Farad. Je ne sais pas comment me tenir car je ne peux pas le toucher. Exception faite, il me permet de poser mes mains sur ses épaules. J’en garde une à l’arrière du siège. Cette virée sur les chemins de campagne me plaît beaucoup, l’air humide, collant et pesant s’est refroidi avec le coucher du soleil. Mon conducteur doit jouer avec l’engin pour traverser des cours d’eau et des ornières. Entièrement repeinte de boue en terminant mais ravie, le retour fut rapide !

Ce dernier soir, Julien s’est mis à cuisiner un curry. Avec le reste de légumes et quelques épices trouvées dans les placards, il a concocté un de ses fameux plats. Cette fois-ci, difficilement mangeable. Les épices sont tellement fortes que cela me brûle les parois. Julien termine son bol, ce qui est de mauvaises augures. Nous en offrons à la famille de Farad et Mina qui l’a adoré « C’était épicé mais pas tant ! »… Le soir suivant, nous quittons le petit village et nous sommes reçus dans leur maison. Farad nous demande conseil pour aider à developper le tourisme dans son village. Ils nous laissent leur chambre et nous sommes reçus comme des rois. Julien est malade, le bol entier de curry lui a détruit les entrailles et il ne peut se passer de toilettes trop longtemps…

Après une longue négociation, nous finissons par accepter la proposition de transports. Farad et sa famille refusent que nous partions en stop ou à pied à travers la montagne. Nous avons beau essayer de les convaincre par tous les moyens, Mina lance des « yok » (« non » en Farsi) en remontant le menton et basculant légèrement sa tête en arrière. Ce mouvement typique de l’Orient pour exprimer la négation remplace notre hochement de droite à gauche.

Nous arriverons à l’heure pour prendre le train qui nous mène à Sabzevar. Dans la gare, le film « Tortue Ninja » est diffusé sur les écrans. Cette fois-ci, nous sommes très surpris, Megan Fox parle farsi mais surtout elle n’est pas voilée ! Dans le train, toujours les mêmes films passent en boucle à la télé, celui des deux hommes comiques évadés de prison, celui de la femme ayant un enfant handicapé, une vraie tragédie puis le dernier, une guerre de clan dans un village irakien, sang, armes et morts… Lors de ce dernier voyage à bord du train, de petits villages construits en terre ponctuent le chemin. Certains sont encore habités, d’autres laissés à l’abandon. Nous avons quitté les montagnes et la chaleur est revenue, plus forte et plus sèche encore.

Nous descendons du train dans une petite gare de campagne en plein milieu d’un désert et à 40 kilomètres de la première ville. Julien le premier s’empresse urgemment d’aller aux toilettes. Je me retrouve seule et me fais accoster par un homme qui semble être un agent ferroviaire. Je range nos affaires sur le quai et une fois de retour, il essaye de discuter avec Julien. À mon tour, je me dirige vers les toilettes. Ma route est stoppée par plusieurs policiers en uniforme dont le capitaine m’interpelle en farsi. Je réponds en anglais que je ne suis pas iranienne, que je vais aux toilettes et j’insiste bien sur le fait que cette mission est pressée. Peu lui importe, il me demande mon passeport et commence à me questionner sur mon identité, mon nom, mon prénom, mon lieu de naissance… À part le fait que ce soit marqué dessus, ce policier commence à me courir sur le haricot. Avec ses airs hautains de cowboy du désert et son abus de pouvoir, il s’est sans doute pris pour un Gardien de la Révolution… S’il ne me laisse pas dans les prochaines minutes, je vais complétement me vider sur le quai !

Je lui répète l’urgence de la situation qu’il finit enfin par saisir et veut garder mon passeport. Là-dessus, je m’énerve encore un peu plus… je vais aux toilettes avec mon passeport et je reviens une fois mes ablutions terminées ! Je le reprends et lance à la volée à Julien en français « ils sont pénibles ces policiers » (en plus vulgaire bien évidemment au vu de mon état d’énervement).
À mon retour, je retrouve Julien fort bien entouré voir même englué, l’agent ferroviaire désagréable, le flic véreux et un chauffeur de taxi qui n’a pas l’air d’être en reste… Le policier me reprend mon passeport et j’échange deux mots avec Julien en français. Peu sympathique, l’agent me demande de parler uniquement en anglais. S’il le souhaite, de toute façon ce n’est pas comme s’il comprenait quoi que ce soit ! Le policier passe un certain temps à examiner ma photo et à la comparer avec mon visage. Il pense vraiment que j’utiliserai un faux passeport pour venir visiter la ville de Sabzevar, perdue au fin fond d’un désert iranien? Je préfère me taire car je crains que nous terminions au poste ! Julien négocie un prix avec le chauffeur de taxi et les deux autres individus car apparement il n’y aurait pas de bus (contrairement à ce que nous a raconté notre hôte chez qui nous allons). Je plie bagage et attend Julien qui n’arrive pas à se dépêtrer de ces deux hommes collants. J’y retourne, il semble désarmé face à ces iraniens qui ne le lâche pas. Une fois le taxi en route, Julien souhaite à juste titre vérifier le tarif négocié préalablement. Affiché sur le téléphone portable, le chauffeur ne valide pas le montant et veut le double. Nous demandons de nous arrêter car ce n’est pas ce qui a été convenu. Sur une route droite, de part et d’autre le désert. Une deuxième puis une troisième demandes ne suffisent pas. Nous haussons la voix et le ton, Julien commence à remonter le frein à main quant à moi, j’ouvre la portière arrière du côté du conducteur. Cela lui a fait tout drôle, il s’est arrêté immédiatement ! En sortant, il a voulu encore négocier la course… Tu ne nous aura pas deux fois, menteur !

Nous finirons par rejoindre Sabzevar en faisant de l’auto-stop, un gentil grand-père nous récupère.

Nous sommes reçus par Maziyar, ingénieur en hydrologie et environnement. Sa sœur Salma et son beau-frère Azad viennent diner le soir même. Un peu comme Hooman à Shiraz, Maziyar habite un appartement au rez-de-chaussée de la maison de ses parents. Salma et Azad ont préparé un repas spécialement pour nous. Un défi nous dit-elle, « Comment faire à manger iranien et végétarien à la fois ?». Elle nous a cuisiné un excellent Kukusabzi accompagné d’un yaourt. Julien est toujours malade mais il mange un peu. Le lendemain, nous allons visiter les quelques monuments de la ville, d’anciens réfrigérateurs naturels. Il y a quelques années, la neige était stockée en hiver dans des dômes de terre, des mosquées et d’autres monument. Maziyar travaille et termine ses études en même temps. Quant à Salma, elle a un diplôme en chimie mais il n’y a pas de travail dans la région. Azad est informaticien et ne souhaite pas déménager dans une autre ville. Salma est donc femme au foyer, ils se sont mariés il y a trois ans et ne souhaite pas avoir d’enfant tout de suite pour pouvoir en profiter avant. Il s’agit d’un mariage traditionnel, une entremetteuse les a présenté l’un à l’autre après avoir fait valider ce choix par leurs familles respectives. Ils se sont vus quelques fois pour savoir s’ils s’entendaient bien puis se sont mariés. Azad en est fier et nous explique que c’est la meilleure manière pour préserver l’amour. Une phrase résume bien cette philosophie « Si ce n’est pas un mariage d’amour, cela le devient avec le temps ». Selon lui, cette méthode éviterait les divorces et renforcerait l’amour sur le long terme. Si encore une fois, il lui coupe la parole et l’empêche de répondre à mes questions, ils ont l’air heureux et amoureux.

Dans la ville de Bâjgirân, quelques kilomètres nous séparent de la frontière turkmène et nous logeons pour notre dernière nuit dans un hôtel miteux tenu par la commune. Les jeunes iraniens nous changent nos derniers rials pour des manats. Les oiseaux groupés sur les arbres produisent un vacarme assourdissant et je viens de découvrir leurs noms, des « martins tristes » ! D’autres oiseaux chantent à la tombée du jour dont je ne peux reconnaître ni la mélodie, ni la silhouette. La frontière n’est pas hostile, la ville est verte et la route qui y mène est très belle. Des montagnes de sable sortent de gigantesques roches brunes et vermeilles.

Le lendemain matin, nous prenons un bus où nous passons sans problème le contrôle de la douane. Un immense portait d’un des dirigeants les plus fous et ridicules de cette planète s’élève devant nous sur un fond vert. Au revoir Iran, bonjour Turkménistan !

Transports

Dans un pays avec de telles distances, il y a souvent plus de 500 kilomètres entre deux sites d’intérêts, alors la question est importante ! Compte tenu de la chaleur intense en ce mois de juillet, nous avons eu le courage de faire de l’autostop seulement à cinq reprises. Les moyens de transport empruntés furent principalement le train et l’autobus entre les grandes villes, le métro à Téhéran et taxis dans les autres villes. Le prix des transports est doux alors l’impact sur notre budget n’a pas été trop important : sur plus de 4700 kilomètres nous avons dépensé un peu plus de 130€ à deux, soit moins de 3 centimes d’euro du kilomètre. Un des pays les moins chers que nous ayons visité !

La conduite des iraniens est hasardeuse, pour ne pas dire dangereuse. Ils sont à peu près seuls sur la route et ont oublié que leurs autres 82 millions de voisins pourraient être de sortie le même jour. Nous vous recommanderions bien d’attacher vos ceintures, mais il y en a pas…
L’autostop – est relativement facile de la courte expérience que nous en avons eu. Avec seulement cinq voitures au compteur nous ne nous étendrons pas sur le sujet. Bien que la pratique ne soit pas très développée dans le pays, il est assez facile d’expliquer la démarche. La curiosité naturelle des iraniens aide beaucoup en cela et il sera toujours facile de trouver une âme charitable !
Trains – Les trains sont lents, confortables et propres. Il est surprenant de se voir certaines nuits sauter de plusieurs centimètres dans sa couchette compte tenu de l’état de certains rails, un réveil peu rassurant !
Taxi – Comme dans tous les pays que nous avons traversé, la plupart des taxis iraniens ne font pas exception à cette règle internationale, la plupart du temps, ils sont voleurs et pleurnicheurs. Tout au long de notre séjour, nous avons eu des dilemmes à utiliser l’application mobile iranienne de VTC équivalente à celle que nous avons en France. Au pays, nous sommes fortement opposés à l’utilisation de ces dernières. Mais entre 500 000IRR la course et 80 000IRR, nous n’avions pas envie d’être les dindons de nos chauffeurs ! Bien sûr, la somme en euro est dérisoire, c’est plutôt la différence entre le prix pour touriste et celui pour le local qui est absurde. Souvent, nous avons utilisé l’application comme une base pour négocier avec des taxis.

Bilan

Avec 16,50 euros par jour et par personne (soit 495 euros pour un mois), nous restons dans notre budget. S’il est facile d’être hébergé chez l’habitant, selon le standard les prix des hôtels peuvent être élevés. La nourriture dans les bazars ainsi que celle proposée dans les restaurants sont très peu chères. Les prix des entrées des musées et des sites d’intérêt sont à peu près semblables partout et très accessibles.

Sarah

L’Iran est un pays sans pareil. Tout est contraste, hospitalité et beauté. Le pays, les peuples, les paysages, l’architecture et la religion se contredisent, se répondent et se font écho. Les discours à l’extérieur n’ont que très peu de choses à voir avec la vie à l’intérieur du pays.

Durant notre périple, nous n’avons pas eu le temps de visiter certains monuments, des déserts ou même d’autres régions, j’ai un léger sentiment d’inachevé et de frustration. L’Iran me laisse un gout sucré et doux en bouche, d’éblouissantes images en tête, de superbes rencontres et d’incroyables souvenirs. J’espère un jour pouvoir y revenir !

Julien

Il faut aimer vraiment la chaleur ou être totalement innocent pour mettre la tête dans un four toute la journée. La chaleur fait bouillir les entrailles, la nuit, aucun répit, le vent chaud nocturne ne perd que quelques degrés et ce sont les mêmes températures qu’une chaude journée d’été montpelliéraine… Ces Iraniens tellement calmes perdent leur flegme dès qu’ils montent dans une voiture et deviennent alors de vrais dangers publics.

Mais le pays est un véritable dépaysement. La culture, la religion, la nourriture, les bâtiments sont à la hauteur des attentes, des fantasmes d’Orient. C’est aussi l’humain qui prime au-dessus du reste. La gentillesse, la bonté des iraniens, nous sommes au delà de l’obligation religieuse d’autres pays. Pour beaucoup d’iraniens c’est une véritable curiositée, une volonté d’aller vers l’autre pour aider, connaître, apprendre.

Sources et ressources

  1. Akram Belkaïd, « les femmes et héritage en Tunisie, l’échec d’une réforme » Monde diplomatique, numero 785, août 2019

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