Contes d’Arménie – Légendes d’ailleurs

« Du ciel tombèrent trois pommes : l’une pour celui qui raconte, l’autre pour celui qui écrit et la troisième pour celui qui lit. »

Les contes ont été recueillis et écrits par Reine Cioulachtjian. Édités en 2014, le livre comprend 24 histoires et légendes arméniennes. Beaucoup d’entres elles proviennent du nord est du pays, de l’Arménie orientale plus précisément dans la région du Lori. D’autres sont issues de l’Arménie occidentale, dont une grande partie est aujourd’hui située en Turquie, comme la région du lac de Van.

Les contes permettent la transmission transgénérationelle du patrimoine immatériel d’une région, d’enseigner les us, les coutumes et les lois ainsi que de perpétuer les rites et traditions.

C’est ainsi qu’il est possible de découvrir tout un pan de la culture arménienne avant même de visiter un musée comme par exemple les instruments de musique, le déhol, le zourna ou encore le duduc. Il est également question d’alimentation, de géographie, d’histoire, de langue et de vocabulaire. En quelque sorte, il me semble que c’est un des meilleurs moyens pour découvrir et aborder la culture d’une nouvelle contrée.

Dans les forêts du Dilijan

« L’homme qui ne sait pas se satisfaire du nécéssaire ne pourra même pas être assouvi par le superflu. »

Concernant les histoires en elles-mêmes, tous les ingrédients des contes y sont présents : la pauvreté, le désir de richesse, le mensonge, la fourberie, la vengeance et la ruse, le pouvoir, les pactes, le diable, les divinités et la religion.

« Tu me trompes une fois, honte à toi. Tu me trompes deux fois, honte à moi ».

« La bonne morale » se distille à travers tous les contes. Dans le conte « La voix de la conscience », une petite voix dans la tête d’un jeune homme le convainc de ne pas faire fausse route et de ne pas exploiter le travail de son prochain. « Trouves-tu normal que celui qui use sa vie à produire soit spolié du fruit de son travail par un malhonnête qui va faire de l’argent sur son dos ? ». Et la conclusion de sa réflexion est la suivante: « (…) Le travail honnête n’enrichit personne. Il fallait donc soit renoncer à être honnête, soit à devenir riche ! ». Les proverbes ponctuent tout le recueil et agrémentent les histoires. Ils révèlent le côté simple et honnête du peuple arménien qui est encore valable aujourd’hui et malgré les siècles.

« Si tu gardes un secret, il est ton esclave ; si tu le dévoiles, tu deviens le sien… »

La notion de « destin » liée à la dimension spirituelle et religieuse est également très présente dans la plupart des contes et des légendes. Par exemple, en arménien il peut se traduire littéralement par « écrire sur son front ».

Monastère de Geghard

« Un aïeul qui s’éteint, c’est une bibliothèque qui brûle »

Il est intéressant également de constater certaines récurrences dans les contes comme par exemple « les techniques pour prouver la fidélité de son épouse ». Dans le conte « L’enfant prince », quelques lignes de l’histoire sont dédiées à connaître la véritable dévotion d’une femme envers un mari parti depuis de longues années. Après avoir laissé sa famille, le mari ayant parcouru le monde, un jour revint chez lui et souhaita vérifier que sa place était toujours tenue au chaud. La femme dut montrer sa fidélité en prouvant qu’elle n’ouvrait pas la porte à des inconnus et qu’elle était restée bien seule. Ainsi, les contes sont également des témoignages des relations sociales des temps passés.

« C’est là que la mariée rangerait tous les beaux vêtements de son trousseau, ses bijoux et ses souvenirs de jeune fille, avant d’aller habiter chez son époux »

La lecture rapide et l’absence de violence en font un ouvrage tout à fait adapté pour les plus jeunes. Malheureusement contrainte par la liseuse numérique, les illustrations ne mettent malheureusement pas en valeur les histoires dans ce format. Si les contes de ce recueil se terminent souvent bien, de manière comique, voir même de manière un peu naïve, il est agréable de découvrir l’Arménie à travers ces quelques pages même pour les plus âgés.

« Même au plus fort de l’hiver, pensez au printemps »

En bonus, Musique traditionnelle arménienne

Reine Cioulachtjian, Contes d’Arménie, Editions Sutton, Provinces Mosaïques, 2014

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