Géorgie, un mois de tourisme en voyage

Une pauvreté apparente, un air soviétique désuet et des conduites de gaz partout. Ça y est, nous entrons dans l’ancienne « sphère Rouge ». Nous y étions à l’explosion du printemps, nous avons l’impression d’avoir atteint le pays vert, un vert éclatant par endroits. Place à un mois de « vacances » avec nos amis et la famille !

À Sarpi, Le passage de la frontière est plutôt facile, malgré que les douaniers géorgiens fassent un peu de zèle sur les passeports en passant et repassant les pages nonchalamment, tout en nous regardant avec une insistance qui pourrait être drôle si ce n’était pas la police des frontières… Le bâtiment du côté turc est très récent et en impose au nouvel arrivant. Du côté géorgien, des formes architecturales étranges nous accueillent, une tentative d’architecture contemporaine. De l’autre côté de la frontière, c’est un autre monde. Nous le voyons déjà, nous avons véritablement changé de pays. Après deux mois passés en Turquie, nous sommes heureux de traverser la forntière.

À Batumi nous retrouvons nos habitudes européennes, les clochers des églises, la bière en terrasse et les femmes dévoilées en habits printaniers, robes au vent et jambes dénudées. Il n’en faut pas moins pour nous leurrer. Nous voici arrivés dans une cité balnéaire très prisée par les russes. Certains bars du centre ville appartiennent à des russes et ces jeunes femmes en petites robes à fleur ne sont pas géorgiennes. À Makhinjauri, dans la banlieue de Batumi, une chambre tout équipée nous sert de repère pendant ces quelques jours (1). Le corps expriment ses faiblesses après deux mois frénétiques en Turquie, Julien est saisi par un torticolis et pour moi un état grippal suffit.

Le jardin botanique s’étend en hauteur le long de la côte, surplombant la mer. Vaste de 7 hectares, il est resplendissant. Le printemps fait chanter les grenouilles, éclore les bourgeons et parader les oiseaux. Des rosiers aux palmiers en passant par de beaux spécimens de ginkgo biloba, les couleurs sont chatoyantes. Valloné et offrant de beaux points de vue sur la mer Noire, plusieurs heures sont nécessaires pour flâner dans ce havre de paix.

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Un jour au bord de la mer, je fais la rencontre d’un couple russe, Elena et Andrey. Ils ramassent des déchets sur la plage. Nous faisons connaissance et ils m’invitent le lendemain à collecter des déchets avec d’autres bénévoles de l’association Trash Hero Batumi. L’ambiance est chaleureuse et je suis heureuse de pouvoir me rendre utile. La mer charrie chaque jours des milliers de déchets et cet après midi, nous avons ramassé 122 kilos. Une femme géorgienne assise sur une pierre parle dans le vide: « Ici les géorgiens salissent, les étrangers nettoient ».

Nous reprenons la route en direction de Koutaïssi avec une pointe d’anxiété. Nous avions entendu des légendes sur la conduite des géorgiens et sur la courte route du village frontière de Sarpi jusqu’à Batumi, nous avions déjà eu un aperçu édifiant de ces fangios qui pensent impressionner leurs congénères. À l’entrée de Batumi, deux voitures se sont percutées juste devant nous, une heure après notre arrivée, c’est le premier accident que nous voyons en six mois d’autostop. Sur les bas côtés du pays, le gouvernent géorgien expose avec régularité des voitures détruites lors d’accidents. Visiblement, cela n’inquiète guère. Le ton est donné jusqu’à la sortie du pays ! Un petit aperçu de leur conduite !

Sans désordre, nous arrivons à Koutaïssi dans la journée. Ancienne ville industrielle et celle du constructeur КАЗ (KAZ, modèles de poids-lourd réputés pour leurs capacités tout-terrain), deuxième ville du pays, elle est aujourd’hui dévastée économiquement. Après avoir perdu 100 000 habitants à la chute de l’Union, elle sort difficilement de son marasme après la fermeture de ladite usine. Le centre ville est mignon et arboré, la cathédrale Bagrati a été reconstruite sous l’impulsion de M. Sakhachvili. La rénovation du bâtiment mélangeant acier et vieilles pierres ne laisse pas indifférent, ce pour quoi l’UNESCO l’a supprimé du classement au Patrimoine Mondial.

Le soir, nous retrouvons Zuriko dans sa maison typique géorgienne située dans un quartier éloigné du centre ville. Géorgien d’origine turque, la quarantaine, il vit avec sa mère, Yamze. Nous discutons une partie de la soirée. Zuriko aime quelques fois se pendre par les pieds pour imiter les chauves-souris et se sentir vivant. Il a également coupé plusieurs fois les câbles électriques du lampadaire de sa rue, l’éclairage public nocturne perturbant le cycle naturel du vivant. Il nous raconte aussi comment un jour il s’est construit un vélo en pièces de récupérations et a rejoint la mer Noire depuis Koutaïssi, le vélo s’est malheureusement cassé sur la route du retour. Aujourd’hui, il a bien du mal a projeter des execurtions plus loin que la rivière de Koutaïssi. Bien que pour certaines et certains, il ait perdu nos codes sociaux, ils nous ont reçu avec une très grande gentillesse et bienveillance et nous offrent tout ce qu’ils possèdent. La nuit fut courte, un lit une place avec des ressorts de la taille d’un avant bras et des scorpions dans les toilettes sont de rigueurs.

De manière générale, l’accueil chez l’habitant est peu concluant en Géorgie. Ce fut le seul épisode qu’il nous ait été permis de vivre dans ce pays. Avant de repartir, Yamze concocte un petit-déjeuner à base de sarrasin et de petits oignons nouveaux. Il n’est pas question de l’aider pour quoi que ce soit en cuisine, et d’ailleurs son fils ne s’en mêle pas non plus. Cette femme d’environ soixante-dix ans vêtue entièrement de noir n’a pas le sourire facile, comme la plupart des géorgiennes. Nous n’aurons pas l’occasion d’échanger avec elle à part un « merci c’était très bon » lancé à une pièce de distance.

Je n’envie pas la condition des femmes géorgiennes. Si en Turquie, nous avions vu des femmes, sans travail, ayant de nombreux enfants et portant le voile, sujet qui a le don de faire sourciller les français et les françaises autant sur leur propre territoire qu’en voyage. Il faut savoir que même si les femmes en Géorgie ne sont pas voilées, leurs conditions n’est pas plus enviables que chez certaines familles turques. Les géorgiennes passent leurs temps à travailler, que ce soit dans les champs, chez elles ou dans les rues. Les restes de l’aire soviétique offrant un travail à toutes et tous sont encore de mise. Dès le lever du soleil, les femmes balayent les routes et nettoient les toilettes. Elles sont habillées de noir de la tête au pied et ont la tête couverte d’un fichu assorti à leur tenue.

Lors de nos échanges avec un de nos chauffeurs, qui est un guide pour des groupes de touristes (russes pour l’essentiel), il nous raconte: « Les femmes font à manger tous les jours en Géorgie et c’est bien normal. Ma femme aime beaucoup faire à manger, je ne lui enlèverai pas ce bonheur. » Il poursuit : « Lorsqu’il s’agit d’ouvrir un restaurant, les chefs cuisinier sont des hommes. »
Je rigole et j’ajoute « et les femmes ont le rang de serveuses avant de retourner faire à manger à leurs maris le soir? » Ce a quoi il me répond « vous avez peu être une autre vision en Europe mais c’est comme cela ici !». Marié a une lituanienne, il se sent plus proche de la mentalité des pays baltes que celle de la Russie, il explique : « Ici les russes viennent pour visiter, pour faire du tourisme et consommer. Lorsque l’on rencontre des russes en club, un jour elles couchent avec l’un puis le lendemain avec l’autre. Ça ne va pas du tout, ce n’est pas comme ça que nous concevons les relations en Géorgie. Les géorgiennes sont fidèles ». Si les femmes se mettent à consommer autre chose que des produits ménagers, où va le monde ?

Le lendemain nous prenons la direction la capitale, Tbilisi, pour des retrouvailles en famille et avec des amis. Au programme, visites touristiques et autres divertissements. « Capitale » du Caucase, c’est peut-être la ville la plus dynamique de la région. Tbilisi est riche en patrimoine ancien et plus récent, entre perles dévotes et délires mégalomaniaques d’un ancien président (qui disait qu’il ferait « un excellent architecte s’il n’avait pas été président »). Les nouveaux bâtiments sont visibles, c’est une qualité qu’on ne leur refusera pas, mais leurs architectures sont discutables… Les bains de la ville sont un passage agréable surtout après une journée dans la poussière et la chaleur de la ville. Construite de part et d’autre d’un large fleuve, les différentes collines offrent de beaux points de vue sur la ville. Ville à taille humaine, y pénétrer et en sortir sont facile à faire.

Direction Sagarejo d’abord pour une nuit en auberge. Le gérant et sa femme font au mieux pour nous recevoir après une réservation de dernière minute, dégustation de vin et repas copieux. Nous terminons avec de la Chacha, grappa locale titrée à environ 70 degrés, qui fait des ravages. Le lendemain, frais comme des gardons, les dents noires du vin de la veille et avec grande difficulté, nous atteignons le monastère de Sighnaghi. Sur les bords de route, les stands des marchands se succèdent : saucisses de noix et miel sur plusieurs kilomètres puis têtes et pieds de cochons sur les suivants. Le paysage est verdoyant, la Géorgie sort progressivement de sa gangue hivernale. Dans un brouillard opaque, les contours du monastère sont à peine visibles, seules les peintures sont admirables.

Nous passerons la nuit dans une auberge de Signaghi (2). Ville modèle du tourisme « saakashvilien », elle ne se développe qu’à partir des années 2010. En effet, les maisons du centre ville sont très mignonnes mais il n’y a pas vraiment de monument d’intérêt à visiter. La vue sur la vallée en contrebas est très belle et offre un bon aperçu de l’est en direction de la frontière Azéri.

Le week-end prolongé touche à sa fin et mes deux mères doivent reprendre l’avion. Avant de rejoindre Tbilissi, nous visiterons les monuments qui bordent la route du nord de la région de la Kakheti et notamment le « triangle monastique » composé de Gremi, Alaverdi et Ikalto. Au Moyen-Âge, c’est une terre importante pour la culture et l’enseignement, des monastères et universités de renoms furent créées dans la région. Alaverdi est une cathédrale grandiose malmenée par les russes mais située dans un complexe monastique fortifié d’intérêt. Ces trois monuments nous ont marqué autant par leurs architectures que par leur situation.

De retour à Tbilissi, la ville est chaude et bruyante. Nous retrouverons nos amis, Claire et Julien pour quelques jours. C’est l’occasion de visiter les alentours de la capitale. Mtskheta, ancienne capitale du royaume de Géorgie avant le déménagement de la couronne à Tbilisi, se compose principalement d’une place touristique et d’une très belle cathédrale ceinte de murs défensifs. Quant à Jvari, sans voiture, rien ne justifie de monter pour visiter le monastère, situé directement en face de Mtskheta. La vue sur la ville et sur le trident que forme la jonction des fleuves est belle mais le monastère en lui même n’a aucun intérêt, d’autant plus que les russes l’envahissent en journée et qu’une grande autoroute essaie d’imiter le fleuve. Nous terminerons la journée par une randonnée pour rejoindre le nord de la ville. L’oléoduc traverse cette partie du parc et déforment le paysage. Ce projet permet de relier l’Azerbaïdjan et la Turquie (voir notre article Géorgie aujourd’hui). La nature est sèche et les serpents filent dans les hautes herbes qui craquent sous nos pas. Nous serons accompagnés par une chienne pendant toute la durée de la marche.

Le lendemain, nous partons pour une randonnée au sud ouest de la ville directement depuis notre logement de location. Une vingtaine de kilomètres à travers ville, banlieue puis nature. Le jour suivant, nous marchons dans le parc naturel de Tbilisi. Le dénivelé est raide, le chemin n’a pas été entretenu, nos chaussures glissent dans la boue et la végétation brouille les pistes. Après quelques tentatives, nous retrouvons finalement la trace. Les animaux nous entendent, surplombés par une grande forêt, la nature épaisse et dense ne nous permet pas de les observer.

Après le départ de Claire et Julien, la deuxième vague d’amis arrive, nous retrouvons Zoé et Maxime. Sur recommandation de notre logeur, nous louons à un prix raisonnable une voiture à un de ses amis. Une « citadine » qui nous causera des histoires… Nous décidons de partir au nord ouest de la Géorgie, dans les montagnes de la Svanetie. À peine partis, un voyant s’allume indiquant un problème « A15 » qu’il nous est impossible de connaître puisqu’il n’y a pas de manuel. Sur les conseils du propriétaire, nous continueons la route.

Il fait chaud et la route et sinueuse. Nous démarrons par la visite de Uplistsikhe. Très ancien peuplement troglodytique, la ville était sur le parcours des routes de la soie. Elle perd peu à peu de son importance au Moyen-Âge jusqu’au choix de Tbilisi comme capitale. Habitée jusqu’au début XXème siècle, il ne reste aujourd’hui que des vestiges. Elle est un témoin du mode de vie des populations troglodytes offrant une vue imprenable sur la vallée. Nous avons la chance d’observer de gros lézards ramper au sol et exercer quelques « pompes », un troupeau de moutons forcés de traverser une rivière et plusieurs huppes fasciées chasser entre les rochers. Pour clore cette première visite, il nous sera même possible « d’admirer » l’enregistrement d’un clip de musique. Une femme, vêtue d’une robe noire étincelante se meut en silence dans une des cavités de l’ancienne ville.

Un bivouac et un feu à côté de Martvili nous feront passer une agréable soirée. Le canyon de Martvili, qui n’a de canyon que le nom, est une formation de roches qui se ressèrent progressivement. Privatisée, elle est devenue une attraction naturelle touristique payante. Les locaux forcent l’arrêt, les « parkings » deviennent spontanément payants et l’enchaînement de petites échoppes touristiques dans un lieu initialement naturel font perdre tout intérêt à la promenade. La route est belle ce qui compense la déception à l’arrivée !

Il fait de plus en plus chaud et les petites routes ne nous permettent pas de rouler aussi vite que nous le désirons. De nombreux animaux ralentissent également la vitesse, vaches immobiles, cochons, chiens, chevaux, chèvres et moutons. Il s’agit de klaxonner avec insistance et de slalomer entre les vaches pour les éviter. De Zugdidi à Mestia c’est une des pires routes qu’il nous ait été donné de rouler, peut-être plus par la distance à parcourir, rendant l’attention difficile à tenir durant plus de trois heures au volant.

Zoé a le contre coup de la chaleur et de la route, épuisée à l’arrière elle essaye de se reposer. Julien puis Maxime se relaient pour conduire, entre nids d’autruche, voies uniques, éboulis et conduite de chauffard, il nous faudra près de 6 heures pour atteindre la ville de Mestia. Avant d’y parvenir, la voiture émettra un nouveau son d’avertissement. Visiblement, la pression des pneus est mauvaise et nous devons les faire vérifier…

La ville de Mestia est une destination pour les passionnés de montagne. Les pics enneigés sont très beaux. La vallée, les tours Svans et les panoramas sont magnifiques. De nombreuses randonnées partent de la ville, cependant la neige n’avait pas encore tout à fait fondue en ce mois de mai, ce qui rend certaines d’entre elles difficilement praticables. Nous avons tout de même planté les tentes et fait un immense feu alors qu’un orage est annoncé et que l’on nous interdit la montée vers le sommet. Lors d’une de nos randonnées, en passant à travers des buissons, je trouve à terre un embout de bâton de marche. Ayant perdu un des miens dans la voiture d’un pope grec et fou, je me suis réjouie de pouvoir le remplacer ! Jusqu’à présent, nous l’avions subsitutué par un vieux morceau de tuyau ce qui me permettait d’éviter de rayer les housses ou les cuirs luxueux de nos voitures temporaires. Des images de montagnes enneigées et de forêts plein les yeux, nous entamons la descente. Avant tout, nous devons régler cette question du pneu. À la sortie de la ville, nous trouvons un garagiste qui regonfle, démonte et interverti les pneus avant et arrière. Dévorant goulûment des gâteaux au caramel sur le bord de la route, nous n’avons pas vraiment remarqué ce qu’il avait fait…

Avant d’arriver dans les plaines, la voiture indique à nouveau un problème sur les pneus. Nous conduisons directement jusqu’à Koutaïssi, une nouvelle fois puis en direction de l’est. Sur la route de Telavi, les collines et les cols de montagnes défilent pour arriver en Kakheti. La forêt est dense, magnifique et en pleine ébullition printanière.

Après une bonne journée de route, nous arrivons enfin dans la capitale du vin de Géorgie. Les jardins du palais d’Erakli II sont bien entretenus mais l’intérêt s’arrête là, le palais persan n’est pas accessible. Nous logerons dans une petite auberge où le propriétaire nous fera déguster son vin à la cave (3). Il sera question de manger des Kinkhalis le soir, nous restons dubitatifs quant l’intérêt de ces raviolis traditionnels fourrées. Nous élaborons donc une nouvelle recette en mélangeant la farce des uns avec celles des autres.

De nouveau ennuyés avec les pneus, un garagiste trouve la fuite d’air. Il enfonce dans la peau épaisse, un morceau de plastique en guise de rustine et nous reprenons la route. Le lendemain, nous ferons le tour des établissement pour goûter des vins, un mauvais cru d’une grande maison géorgienne, le bon vin d’une bicoque de bord de route et enfin le vin gouleyant d’une auberge à Lagotheki. L’extrémité est de la Kakheti semble oubliée de tous. Les villages sont de plus en plus pauvres en laissant derrière nous les villes et villages enrichis par le vin. Nous finirons notre soirée avec quelques bouteilles d’un bon cépage orange en jouant aux cartes sous les arbres du jardin (4). La région offre à nouveau de très belles forêts et de beaux parcs. La ville est au pied des montagnes et nous partons randonner vers une des cascades. Pour traverser la rivière, de grands troncs d’arbres couchés servent de pont.

De retour à Tbilisi, nous voulons négocier avec le propriétaire de la voiture pour les désagréments causés par sa voiture. La discussion est un échec, nous payons la somme avec l’amère impression de s’être faits rouler dans la farine.

Il est presque temps de quitter Zoé et Maxime qui nous emmènent, (cette fois -ci dans un nouveau véhicule), jusqu’au sud ouest de la Géorgie. Cette région laisse place à de magnifiques collines luxuriantes et valonnées. Ensuite viennent les steppes d’altitude, les lacs et la région à majorité arménienne de Géorgie. Les transhumances de vastes troupeaux sillonnent les plaines. Les orages de montagnes frappent les steppes, le paysage et les bruits sont exacerbés, grandioses.

Pour nous remettre de nos émotions, de nos séparations, de la fatigue et de nos ripailles, nous passerons dix jours à Ninotsminda. Dans une chambre située à l’étage d’un garage automobile, nous vaquerons à nos occupations, randonnées, écriture, peinture et lecture (5). La ville est située tout près de la ville de naissance du père d’Aznavour, Ninotsminda est désuète, pauvre et isolée. Porte d’entrée vers l’Arménie, ici on ne parle déjà plus géorgien. Cependant, la vie est là, de nombreux magasins et épiceries bordent la route principale et un petit marché se tient tous les jours sous un auvent en acier. Il est tout de même facile d’imaginer les longues journées d’hiver. En attendant, la nature environnante en ce début de printemps à 2 000 mètres d’altitude est fantastique. Le lac de Khanchali regorge d’oiseaux et de vie en tout genre, il s’agit d’un des passages obligatoires lors de la migration de plusieurs espèces. Il est possible d’observer des pélicans blancs, des cigognes, des busards des roseaux, des hérons cendré, des foulques macroule en pleine nidification, des cormorans et de nombreux autres volatiles qui cohabitent.

Nous recommençons le stop après presque un mois d’interruption. Il nous faut marcher quelques kilomètres avant de trouver un chauffeur de poids-lourd qui veuille bien nous emmener avec lui. Le paysage défile, des villages de haute altitude, des paysans qui travaillent la terre, des carcasses de voiture en guise de clôtures et des montagnes de briques de bouses de vache séchées à brûler pendant les longs hivers. Notre chauffeur klaxonne tout le petit monde sur le bas côté, la fillette qui fait la sieste, l’ouvrier de chantier, la femme qui travaille au champs. L’usage du klaxon signifie aussi bien « pousse-toi de ma route » que « bonjour Monsieur » ! En direction de la frontière arménienne, c’est le chaos routier, la poussière et la route en travaux. Les 110 millions de dollars accordés par les États-Unis d’Amérique pour le développement de ce tronçon routier depuis 2008 ne sont pas encore coulés… Patri, chauffeur routier, nous offre un pain gras et de la vodka pour patienter. Deux heures de route nous attendent pour vingt-quatre kilomètres seulement avant de traverser une nouvelle frontière…

Transports

Marshrutkas – Le mini-bus local, en comparaison des Dolmuş (petits bus urbains et inter-urbains turcs), les marshrutkas sont chargées ! Il n’est pas question ici de laisser un mètre carré vide, quitte à passer une demi-heure la tête courbée, debout dans une fourgonnette remplie de passagers !

Véhicules – Deuxième marché des voitures japonaises, 40% de la flotte géorgienne est conduite à droite. Le standard des voitures devient… hasardeux. Poubelles roulantes, pare-chocs manquant, les carelingues défoncées et rouillées… et visiblement un gros business de revente de pneu de seconde main.

Autostops – L’autostop fonctionne relativement bien et les temps d’attente sont plutôt courts. Les géorgiens qui nous ont pris étaient gentils. Souvent, les véhicules sont pleins, leurs capacités sont largement exploitées et il fut compliqué de trouver une place !

Budget

Après plus d’un mois passé dans le pays (39 jours) et en mode « vacances touristes » (un train de vie plus élevé et une location de voiture en sus), le budget est de 18,16 euros par jour et par personne.

Nota bene : Le budget inclus toutes les dépenses (assurances, nuits d’hôtel, location de voiture, restaurants, téléphonie, etc.).

Nous en avons pensé quoi ?

Sarah – La Géorgie est un pays agréable. Les paysages sont variés, la nature est très belle et la cuisine délicieuse (quoi qu’un peu répétitive). S’y rendre au mois de juin permet de profiter pleinement du pays, avant la neige n’a pas tout a fait quitter les sommets. Les plaines et steppes d’altitude autour de Ninotsminda et les montagnes autour de la ville de Lagotheki sont très belles.

Bien que ce mois fut passé avec des amis et de la famille, les géorgiens ne se laissent pas facilement approcher. Les femmes peut souriantes au premier abord et les hommes plutôt fermés peuvent paraître hostiles. Il nous a tout de même été possible d’échanger avec certains d’entres eux lors de nos trajet en stop.

Julien – Le pays est magnifique, très vert en mai avec des températures agréables. Le vin Géorgien est une découverte intéressante et la nourriture l’est aussi ! J’ai adoré la Kakheti et ses vertes plaine ainsi que les steppes de la Samchke-Javakheti.

Comme l’évoque d’autres voyageurs, j’ai trouvé que le pays manquait de « waouh ! ». Il n’y a pas cette touche de dépaysement, les géorgiens sont de vrais marchands et on compris l’intérêt du tourisme, sous peine de vous faire passer pour une vache à lait. Ce mois en touriste ne nous aura pas permis de découvrir les géorgiens « véritable » et de passer plus de temps sur leur culture (et j’avoue avoir été fasciné par le tone, Le four à pain traditionnel que j’aurai aimé essayer !). Je reste sur ma faim !

Adresses

Le Wooden Cottage offre des chambres avec salle de bain et cuisine pour environ 10 euros par nuit pour deux personnes.

1. La guest house Pirosmani 60 concocte de copieux petit-déjeuner et les chambres y sont confortables. Le prix est d’environ 18 euros par nuit pour deux personnes.

2. L’auberge Katharina est un bon rapport qualité-prix. Le propriétaire des lieux propose même une dégustation de son vin en sous-sol. La chambre coûte environ 15 euros par nuit pour deux personnes.

3. L’auberge LaDeka, propose une chambre double pour environ 13€. Les dîners et les petits-déjeuners sont gargantuesques est excellents !

4. L’Hôtel Sonia à Ninotsminda propose quelques chambres à la décoration chargée. Une cuisine au rez-de-chaussée permet de retrouver les plaisirs de cuisiner. Le prix est d’environ 14 euros la nuit pour deux personnes.
Voici quelques adresses que nous avons apprécié dans le pays !

Où sommes nous en ce moment ?

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Lisez ou relisez notre article sur La table géorgienne ou feuilletez notre Carnet de voyage

1 réflexion sur « Géorgie, un mois de tourisme en voyage »

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