Turquie, premiers pas en Asie – D’Istanbul à Bursa, tome 1

Arrivés au petit jour, la brume couvre la lande, le soleil est gris, lui aussi, comme si l’eau et la pollution s’étaient unies pour déposer une chape sur l’horizon. La frontière est l’une de ces zones peu accueillantes, une zone qui semble attendre la guerre. Les douaniers turcs laissent leurs sourires aux vestiaires avec leurs tenues civiles. Le vide sidéral de la Thrace laisse bientôt place à la démesure, l’œil du trou noir, la trois fois nommée. Voici Byzance.

Itinéraires

Thrace orientale – Une vaste étendue, plate et marécageuse par endroits, sépare Istanbul des frontières de l’Union Européenne. Une lande labourée à n’en plus finir ponctuée de véhicules armés et de charrettes tirées par des ânes. Telle une terre brûlée pour se prémunir de la maigre armée grecque. Les villes meublant l’arrivée avant Istanbul sont grandes, les immeubles se dupliquent presque à l’infini à la manière d’un « copier-coller » informatique pour l’urbanisme. Des communes immenses et toutes semblables. L’urbanisation forcée de la décennie Erdoğan nous fait penser aux paysages chinois montrés dans différents reportages. Barres de bâtiments et nuages persistants. Les chinois en moins et les turcs à la place.

La brume et la pollution nous aurons accompagné d’un côté à l’autre de la frontière, un lourd nuage qui nous empêche de voir à plus de trois kilomètres. Les industries et l’énergie dévorent les « fossiles » à plein régime (1) pour alimenter la croissance turque. Nous avalons le bitume dans un poids-lourd à la vitesse de quatre-vingt kilomètres heures. Les noms de Kesan, Tekirdag, Silivri ou Büyükçekmece commencent à résonner à nos oreilles…

Istanbul – L’autre ville éternelle. Les autres « sept collines ». Cité vibrante, ville aux mille facettes. Creuset des cultures méditerranéennes, synthèse de l’Orient et de l’Occident. À cheval sur un détroit, frontière naturelle entre l’Europe et l’Asie. Istanbul qui par sa présence même, rend la définition de frontières humaines absurde.

L’arrivée dans la mégalopole par la terre est intense et longue. Elle se mérite. C’est une ville-monde, tentaculaire et un embouteillage sans fin nous le rappel. Une brume à couper au couteau la couvre pudiquement et ajoute au tableau une touche supplémentaire sur cette cité difficile à saisir. Il faut croire que deux-milles six-cents années de vie humaine sans discontinuer sur ces morceaux de terre ne s’appréhendent pas au premier coup d’œil. Le flot de coton arrive par vagues sur la muraille urbaine, tantôt laissant entrevoir des perspectives, tantôt lacérant les minarets et étouffant le cancer nommé « béton ».

Balade sur la Corne d’Or

C’est une ville bouillonnante avec ses vendeurs de rue, ses bateaux qui se comptent par centaines faisant des liaisons locales ou intercontinentales. Il s’agit d’une ville monde tournée vers la mer.

Au sortir du Grand Bazaar et en remontant les ruelles, nous entrons dans le Koca Sinan Paşa Madrasah où nous sommes accueillis par Emre, guide en formation. Il nous fait pénétrer dans une pièce calme où un calligraphe exerce son art et nous offre le thé. Deux heures et demi plus tard, nous sommes attablés autour d’un repas à discuter de voyages et de religions. Un moment de partage très intéressant bien qu’il eût des fins prosélytes (nous sommes repartis avec des livres sur les Révélations du Prophète). Heureux d’avoir pu échanger quelques idées sur l’islam, cette religion qui prend progressivement une dimension importante à tous niveaux dans les pays que nous allons traverser et qui arbore une si mauvaise image en europe.

La citerne romaine

Le quartier de Galata sur sa face sud-est est une partie moins touristique et très (trop ?) européen, aux nombreux bons restaurants et cafés « bobo ». Le restaurant No 19 Dining sert de bons plats et réinvente des classiques turcs. Les environs de la tour de Galata sont agréables pour y loger lorsque l’on est de passage. La Caddesi Bogazkesen est fournie en cafés et petits magasins en tout genre.

Mosquée Yavuz Sultan Selim

En contre-bas, Karaköy regorge de restaurants et de bars. Pour un bon café, rendez-vous au Kava coffee, pour le reste nous vous laissons à vos guides !

Les incontournables classiques sont toujours aussi impressionnants : la Hagia Sophia, la mosquée Bleue, la mosquée de Souleymanie, la citerne romaine et le cimetière d’Eyüp. La visite de l’église Saint-Sauveur de Chora demeure incroyable et les mosaïques sont à couper le souffle. Elles peuvent s’admirer de près et si l’église est vide la visite n’en est que meilleure. Les quartiers alentours valent un coup d’œil pour voir le mur de Théodose qui est toujours debout et impressionnant ainsi que pouvoir se balader dans les rues de quartiers stambouliotes plus authentiques.

La mosquée Bleue dans la brume

Sur le chemin du retour, la mosquée Yavuz Sultan Selim offre un très beau panorama sur la ville. Elle est localisée en plein quartier intégriste du Nord-Ouest de Fatih (cœur d’Istanbul) et l’espace d’un instant Istanbul se téléporte en Arabie Saoudite…
Après avoir visité la ville près de trois fois en l’espace de dix ans, le constat est bien réel. Istanbul se voile de plus en plus. Ce quartier évoque un pays très conservateur du fait que la plupart des femmes portent une variante locale du niqab (laissant apparaître le nez et les yeux). De manière générale, l’islamisation de la société stambouliotes se ressent fortement et les incitations présidentielles n’y sont pas pour rien (près de 9000 mosquées construites entre 2003 et 2016 sous la gouvernance du parti présidentielle. Tout de même plus de 690 mosquées par an ! (2)).

Jour de neige sur l’avenue İstiklal

Kadiköy – Situé sur la rive asiatique, le quartier est un petit Brooklyn en somme, de par sa situation et son atmosphère. Vide de touriste lors de notre venue, il fut agréable d’y déambuler après une semaine d’effervescence dans le cœur historique de la ville. L’atmosphère y est très agréable, plus détendue et paradoxalement, plus européenne en étant sur la rive asiatique ! Les femmes portent moins le voile que celles habitant sur la Corne d’Or, les rues commerçantes sont plus authentiques, le bazar est destiné aux besoins des habitants et moins à ceux des touristes. L’ancienne gare d’Haydarpasa, d’architecture allemande, est belle dans sa décrépitude après l’incendie de 2010. Le restaurant Mahatma Cafe est excellent et le Tahini est extraordinaire. Il est possible de l’acheter directement sur place. Le patron des lieux est chaleureux et il est facile d’engager une conversation !

Les chiens de Kadiköy

Les chants des muezzins qui nous accompagnent depuis plusieurs semaines maintenant : Chant du muezzin

Dans la ville, de nombreux hommes opérés de la tête arborent des bandeaux noir avec des inscriptions en arabe. Il s’est avéré qu’ils venaient à Istanbul pour se faire poser des implants capillaire, la ville étant devenue le lieu de « rendez-vous ».

Entre Istanbul et Bursa se trouvent des kilomètres de hautes montagnes vertes, de pics enneigés et de plaines fertiles.

Yeşil Türbe, Bursa

Bursa – Première capitale du califat Ottoman (Osmanlı en turc, ou dynastie d’Osman) conquise par les fondateurs du sultanat, Osman et Orhan Gazi, père et fils. C’est également la troisième ville de Turquie et la terre d’élection principale du parti présidentiel AKP. Enchâssée au cœur de la vallée, la ville est adossée à de hautes montagnes au sud tandis que d’autres reliefs au nord la contraignent à se développer en longueur.

La vieille ville est située sur un promontoire rocheux et offre un point de vue impressionnant sur la vallée et par beau temps, les crêtes enneigées se présentent encore à nous. Le vieux cœur de ville offre de beaux « hanı » encore utilisés en Turquie. Aujourd’hui, c’est encore l’une des extrémités ouest de la Route de la Soie et les produits vendus ici proviennent encore beaucoup de l’orient, mais la qualité n’est plus la même…

Accueillis par Oghuzan, sa famille et ses amis, nous les remercions encore mille fois pour leur gentillesse et leur hospitalité. Cela nous a permis de mettre un premier pied chez des habitants et d’échanger sur leur quotidien.

Dans le prochain épisode, la côte turque d’Ayvalık jusqu’à Side et les élections décriptées par les turcs que nous avons rencontrés ! Rendez-vous ici !

Quotidien

Crise

Quartiers nord-ouest de Fatih

La Turquie a connu un essor économique important depuis plusieurs années, une modernisation à marche forcée, des grands projets comme la construction de nouvelles autoroutes, de lignes de trains à grande vitesse ou encore du nouvel aéroport d’Istanbul. La Turquie est aussi un carrefour important pour les oléoducs et gazoducs en provenance de Russie et d’Orient, ce qui lui procure un levier stratégique dans les négociations par rapport à ses partenaires européens, mais aussi russes après la crise ukrainienne.

Avec une population de 82 millions d’habitants en 2019 (4), la Turquie dispose d’un grand marché intérieur. Le « made in Turkey » est aussi fièrement affiché que le « made in France ». La Turquie possède d’importants secteurs tels que : le textile (du coton (qui pousse dans la plaine du district de Sören), la filature de la fibre et jusqu’à sa transformation dans le pays), la laine de mouton, les fruits secs (que nous retrouvons bien souvent dans les étals européens, les raisins sultamines, etc) ou encore le tourisme avec un chiffre impressionnant de 45 millions de visiteurs en 2018 qui pourvoit un emploi à 8% de la population (4)(5).

La Turquie subit actuellement une crise économique qui se traduit de plusieurs manières et dont les origines sont multiples. Tout d’abord en 2018, la livre turque (₺) s’est dévaluée de 40% par rapport à l’Euro et au Dollar américain. Entre autres choses, cela est dû aux sanctions américaines suite à l’emprisonnement d’un de leurs ressortissants (ce dernier aurait été mêlé au coup d’état (6)), ou encore à la nomination du gendre de Recep Tayip Erdoğan au poste de ministre des finances.

D’un côté, le taux de chômage est en hausse à 12,3% (11/2018 (7)) et plus de 23% chez les jeunes. De l’autre, l’inflation est galopante (le kilo de tomates aurait doublé en un an, vu sur les marchés avec nos hôtes), le prix des denrées quotidiennes a augmenté de 15,9% pour le seul mois de juillet 2018. Le litre d’essence coûte en moyenne 6,7₺, soit près de 1,10€. Des prix peu éloignés des tarifs français pour des salaires équivalent à un tiers du SMIC français. De nombreux autres effets sont visibles sur le quotidien des turcs, les tarifs ne sont pas redescendus alors que les salaires n’ont pas augmenté (6).

Malgré une croissance positive en 2018 à 2,6% (après 7,4% en 2017 (3)), les prévisions pour 2019 sont moins bonnes et la dette auprès des créanciers étrangers s’élève à 170 milliards de dollars en 2016 (5), soit près d’un quart du PIB national. Bien qu’un grand plan de modernisation ait été lancé par le gouvernement en septembre 2018, les perspectives paraissent sombres pour une économie fragile. Les puissances et les marchés étrangers ne souscrivent plus au destin turc…

Quelques exemples du quotidien des turcs, ce patron-routier qui avait une entreprise de 22 salariés. Aujourd’hui, ils ne sont plus que trois. Étant responsable de 13% de son effectif initial, il a repris la route et conduit à nouveau ses camions. Cette mère de famille divorcée, trois enfants à charge, ingénieure en système de freinage dans une usine automobile de Bursa gagne 4000₺ (soit environ 645€ lors de la rédaction de l’article), soit deux fois le SMIC turc fixé à 2000₺. C’est encore trop peu pour vivre décemment ou faire des économies. Ou bien, ce professeur d’anglais payé lui aussi 4000₺ par mois, (ce qui apparemment est le lot de nombre de professeurs en Turquie) ceux espérant toucher plus doivent donner des cours particuliers.

Alimentation

Bars – Arrivant de Grèce, les bars de la côte ouest ne sont pas trop dépaysants. Les turcs jouent aux jeux à tous âges, le café est plus souvent remplacé par le « çay » (thé), servi dans des petits godets en verre. Le seul changement arrive en caisse, la note est plus salée pour la consommation d’alcool.

Le café est semblable à celui de l’autre côté de la mer Égée et nous tentons de faire les mêmes efforts qu’en Grèce pour connaître les basiques si nous souhaitons éviter de se retrouver avec 36 carrés de sucre dans la tasse (Sada (sans sucre), Azseker (1 cuillère à café), Orta (2 cuillère à café) et Sekerli (3 à 4 cuillère à café)). Quant à la cigarette, elle est toujours omniprésente. A l’intérieur des cafés ou dans les hôtels, un cendrier attend.

Cuisine(s) – La cuisine de rue devient de plus en plus présente et authentique, nous sommes loin des mauvaises copies françaises, chères et pleines de prétentions. À l’opposé de l’ambition originelle de cette cuisine dans les pays qui la pratique. Dans les restaurants, la politesse veut que l’on vous arrache votre assiette des mains dès que vous l’avez terminé. N’hésitez pas à vous manifester, certaines fois même votre dernière bouchée ou lampée vous est volée !

Le petit déjeuner turc (kavalthı), est composé de concombres et tomates crus, d’œufs durs, de pain grillé, de feuilletés aux épinards, de pain perdu à l’huile, de beignets frits, de fromage, de tahini, d’olives, de miel, de Gözleme et servi avec le thé noir ad libitum.

La nourriture a emporter est simple, les spanakopita sont substituées par des su böreği (feuilletés aux légumes et au fromage), des simit (pains au sésame) ou encore les pide (la pizza turque, qui lorsqu’elle est bien faite, vaut les meilleures pizzas françaises – nous ne ferons tout de même pas l’affront de les comparer à la vera pizza napolitana…).

Lisez notre article sur La table turque !

Langage

Lorsqu’il s’agit de la langue, nous commençons à être vraiment perdus, plus de repères latins ou anglo-saxons ! Après les grecs qui parlent si bien l’anglais, nous sommes bien obligés d’admettre que cette fois-ci nous déployons toute notre énergie pour baragouiner un semblant de discussion, les turcs sont aussi doués en langues étrangères que les français !

Très loin de les blâmer, il est agréable de devoir faire les efforts nécessaires pour se faire comprendre, nous avons trop honte d’avoir passé 12 semaines en Grèce et de connaître si peu de la langue !

Déplacements

Sur la route de Bursa

La frontière – Le passage s’est fait rapidement et sans accroc au niveau du poste d’Ipsala. Rien à signaler de particulier si ce n’est qu’un pont jeté sur le fleuve Maritsa sépare les deux pays et qu’il est impossible de le traverser à pied (tir à vu sur l’impudent, la légende voudrait…). Nous avons donc fait du stop à 8h du matin pour le traverser (30 minutes d’attente). Au niveau de la frontière la confiance règne, nous avons brandi notre passeport au premier camion daignant nous montrer de l’intérêt, ce qui fut utile ! Ne trouvant pas d’hébergement dans la charmante ville de Péplos du côté grec, nous avons dormi dans les canapés de la chaîne de café qui se situe dans la zone de duty-free.

Auto-stop – Notre expérience de l’auto-stop est encore maigre, mais pour le moment la Turquie est son royaume ! L’attente est courte, le seul obstacle, s’il en est, est la générosité naturelle des turcs qui peut vous freiner dans votre avancée par leurs multiples invitations à boire le thé, à manger un morceau, pour vous faire visiter tous les coins de leur pays et rencontrer les personnes de leur famille.

Toute la société est représentée : un patron d’une société d’informatique travail en tant que commercial pour vendre son système de gestion informatique à des hôtels et restaurants, fait un détour de 30 kilomètres pour vous déposer au centre-ville et pour finir vous offre un sachet de pois chiches grillés. Le chauffeur de bus touristique (vide) qui s’arrête, vous fait avancer de 200 kilomètres et finit par vous inviter à prendre le thé chez sa belle famille. Le professeur de physique chimie qui vote pour un parti nationaliste (plutôt inhabituel dans notre entourage !). Le retraité reconverti dans l’olive. Le patron d’une compagnie de transport routier qui conduit lui-même ses camions. Le chauffeur de 65 ans qui conduit toujours et décharge 11 tonnes de margarine à la main, tous les 3 jours. L’ingénieure en climatisation et réseau électriques dans une zone touristique. Les ouvriers du bâtiment kurdes qui viennent travailler d’arrache-pied. Nous ne comptons plus les chauffeurs routiers au grand cœur qui nous ont pris sur des kilomètres et cela nous rappelle l’article d’Astrid sur le sujet !

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Lectures

  1. Énergie en Turquie : www.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_en_Turquie
  2. Voltairenet.org, « L’islamisation de la Turquie progresse », 17 septembre 2016, www.voltairenet.org/article193304.html
  3. Taux de croissance de la Turquie en 2018, AA, Deniz Çiçek Palabıyık, Cüneyt Kemal Özkök, Ayşe Betül Gedikoğlu, 11 mars 2019, www.aa.com.tr/fr/turquie/turquie-taux-de-croissance-de-2-6-en-2018-/1414556
  4. Turquie, Population Data, 4 février 2019, www.populationdata.net/pays/turquie/
  5. La Turquie fonce tout droit vers la crise économique, Libération, juillet 2016, www.liberation.fr/planete/2016/07/25/la-turquie-fonce-tout-droit-vers-la-crise-economique_1468183
  6. La dévaluation de la livre turc, Le Monde, 14 août 2018, www.lemonde.fr/europe/article/2018/08/14/la-crise-monetaire-turque-en-quatre-questions_5342202_3214.html
  7. Le taux de chômage en Turquie atteint 12,3% en novembre 2018, Ecopeco.org, 17 février 2019, www.ecopeco.org/2019/02/17/le-taux-de-chomage-en-turquie-atteint-123-en-novembre-2018/
  8. VERLUISE Pierre, « Et pourquoi pas la Turquie ? », Diploweb, 24 septembre 2004. Un article intéressant pour avoir une idée de ce que représente la Turquie dans une possible intégration européenne en 2004, www.diploweb.com/forum/verluise13.htm

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