La péninsule du Péloponnèse, tome 1

Nous sommes arrivés un mercredi midi, le soleil était déjà haut et nous avions 16h de bateau derrière nous. Ici, beaucoup de choses ont changé, la langue et tout particulièrement l’alphabet, la religion et également la nourriture. Nous voici rendus aux confins de l’Union et aux portes de l’Orient. Comme nous avions déjà pu le faire en Italie, nous avons suivi les côtes et cette fois-ci il s’agit de celles de la péninsule du Péloponnèse. Si les rivages sont déchirés et se déforment en de longs doigts pointés vers la mer, les terres ne semblent pas moins tourmentées. Les reliefs sont denses et le point culminant de la péninsule se situe au Sud, le Mont Taygète (Ταΰγετος) domine à plus de 2400 mètres d’altitude. La Grèce est accueillante et ensoleillée.

Notre trajet sur la péninsule du Péloponnèse

De villes en campagnes

Patras (Πάτρα) – Ville située au nord-ouest du Péloponnèse dans la région d’Achaïe. Elle dispose d’un port important et d’une bonne localisation ce qui fait d’elle un haut lieu de transit, notamment pour les passagers en provenance de l’Italie ou des îles.

Nous avons découvert les boulangeries grecques, un vrai régal ! Tartes au fromage, barres de céréales en tout genre et surtout la tarte aux épinards. Nous vous conseillons d’aller vous ravitailler à la Viennoise (Βιεννεζικο) ou encore à Tēligádēs (Τηλιγάδης). Ne vous méprenez pas, les pains sont aussi bons qu’en France. Pour une bonne cantine pas chère, rendez-vous aux Haricots Galère (Φασόλοι μαγειρείο).

C’est également à Patras que nous avons découvert le Rebétiko. Il s’agit de chants traditionnels grecs dont l’histoire est aussi prenante que celle du Fado ou du Blues (Rendez-vous ici pour en savoir plus !). Merci à Espa (Δέσποινα) de nous avoir emmenés à l’Aérostato (Αερόστατο), bar typique grec, où nous avons bu et mangé jusqu’à ne plus en pouvoir tout en écoutant les mélodies jouées à l’aide d’une guitare et d’un bouzouki.

L’ascension au château permet d’avoir une belle vue sur la ville et sur les collines alentours. Quant au chemin le long de la rive, il offre un très beau coucher de soleil. La ville de Patras n’est pas touristique ce qui la rend d’autant plus agréable !

Vue depuis le sommet de la ville

Pyrgos et Katakolo (Πύργος / Κατακώλου) – La première ville ne vaut pas un arrêt prolongé et elle a même mauvaise réputation dans son propre pays. Nous vous conseillons tout de même le détour par la ville de Katakolo à 15 minutes (en auto-stop) de Pyrgos. Cette petite ville portuaire, discrète hors saison, possède un relief qui s’ouvre progressivement au sud-est et sur le reste de la péninsule. Durant la saison estivale, la ville devient un port très fréquenté, notamment par des bateaux de croisières états-uniens qui sont en provenance des Caraïbes. La côte ouest de la péninsule offre quelques plages et surtout de beaux couchers de soleil.

Kalamata (Καλαμάτα) – Pour passer Noël au chaud, nous nous sommes arrêtés à Kalamata. La région est très connue notamment pour sa production d’olives noires et charnues. Située dans la région de la Méssénie, elle est dotée d’un grand port et exporte des agrumes, des figues séchèes et des olives. Elle se trouve au pied des montagnes du Taygète et s’ouvre au sud sur la mer. De part et d’autre, des champs d’oliviers s’étendent à perte de vue (près de 40 000 millions d’arbres seraient recensés dans la région).

Quelques adresses : pour aller manger un souvlaki, rendez-vous à Souvlakia o Tzimis et pour une tarte aux épinards ou pour une baklava, vous pouvez vous rendre à Athanasiou Pastry (Ζαχαροπλαστείο Αθανασιου).

Vue des reliefs à l’est de Kalamata
Port de plaisance de Kamata

Les environs de Sparte (Σπάρτη) – Après de nombreuses heures de stop, nous avons finalement traversé les montagnes à l’est de Kalamata en bus. Les sommets sont élevés, les versants ouest se révèlent arides et nous devinons aisément la température insoutenable des mois d’été. Ils surplombent la mer et s’étirent peu à peu vers le ciel. Les côtés situés à l’est sont, quant à eux, plus verdoyants. Quelques monastères aux couleurs chaudes, perchés sur les hauteurs, dominent les flans des falaises. Dans les montagnes, nous changeons pour un plus petit bus, anciennement français comme en témoignent les écriteaux de sécurité (et ayant sans doute appartenu au département de l’Hérault au vu de l’ancien macaron). L’engin s’enfonce progressivement dans un paysage montagneux. Lorsque nous redescendons dans la vallée, nous apercevons distinctement au premier plan des agrumes qui forment un tapis au feuillage épais et sombre, étoilé de fruits colorés par le soleil. Au-dessus, s’entremêlent les champs d’oliviers et leurs branchages d’un vert nacré pointent vers le ciel. Ils sont plus éparses et petit à petit, laissent place à une végétation plus basse et ramassée qui pousse tant bien que mal sur les prémisses des falaises. Un peu plus haut, s’élèvent désormais des pins et des sapins fléchissant dans le vent. Concentrés en masse sombre puis esseulés, ils surplombent les montagnes échevelées. Au dernier plan, les sommets enneigés du Taygète.

Ayant des impératifs, nous n’avons pas pu nous arrêter plus longtemps à Sparte. Selon de nombreux guides et plusieurs personnes rencontrées, il ne reste plus grand chose de la ville antique, à part sa légende. Bien que nous n’ayons pas pu le visiter, le monastère Byzantin de Mistra vaut apparement le détour.

La région de Geraki (Γεράκι) offre à voir des champs d’oliviers à perte de vue étendus sur une terre vermillon. D’un côté, les montagnes enneigées et de l’autre, la mer étincelante. Cette region vaut le coup d’œil ! Nous avons eu l’occasion de travailler pendant deux semaines dans une ferme située près de Gouves. Le temps était très mauvais, visiblement l’hiver le plus rigoureux et pluvieux depuis près de dix ans. Cette expérience nous a permis de rencontrer Alexandra et son fils Luca qui voyagent en van depuis la Roumanie. Tatiana et Slava, les travailleurs Russes de la ferme, avec qui nous avons partagé de bons moments et quelques repas. Et également Constance et Petros, clients de passage pour le nouvel an, avec qui nous avons sympathisé. Ce premier passage dans une ferme en tant que volontaires nous aura permis de mieux cibler ce que nous souhaiterons apprendre et faire à l’avenir.

Monemvasia (Μονεμβάσια) – C’est avec Alexandra et Luca que nous reprenons la route, direction Monemvasia. C’est un de nos coups de cœur de la péninsule du Péloponnèse ! Nous en avons d’autant plus profité que le lieu était presque désert en cette période. La colline offre une végétation luxuriante (il s’agit d’un parc national classé et bénéficiant du label Natura 2000), une vue imprenable sur la mer et les côtes ainsi que quelques belles ruines à visiter dont une église en très bon état. Pour vous y rendre, préférez le sentier qui longe le flan sud de la colline plutôt que la route étroite. Sur le parking avant le départ, nous rencontrons Olivier et Athénaïs qui voyagent également en van. Pure coïncidence, ils s’avèrent qu’ils connaissent deux autres voyageurs, Anaëlle et Rémy, que nous avons rencontré un peu plus tôt sur internet et qui font à peu près le même itinéraire que nous, en stop également ! Ils ont prévu de se retrouver pour faire une semaine d’escalade ensemble. Nous embarquons à bord du van « Pouet Pouet » en direction de Leonidio.

Nous ne recommanderons aucun lieu pour dormir, ni même pour déjeuner car la règle de base, comme dans beaucoup d’autres lieux touristiques, est d’éviter de dépenser et de se faire arnaquer !

Église sur le sommet de Monemvasia

Leoniodio (Λεωνίδιο) – Avant d’atteindre Leonidio, nous sommes passés par Kyparissi (Κυπαρίσσι). La nouvelle route qui longe la côte est magnifique. La plupart du temps, elle surplombe la mer en offrant une vue plongeante sur les criques, ou un incroyable panorama sur les sommets enneigés, les plateaux asséchés et les vallons recouverts de garrigue. En cette saison, nous n’avons croisé que très peu de monde sur les routes. Olivier et Athénaïs, passionnés d’escalade, voyagent en fonction des opportunités qu’offre la nature pour profiter de la « grimpe ». Kyparissi est un spot d’escalade pour l’été car les falaises sont orientées nord. Nous remonterons donc vers Leonidio, réputé pour ces belles falaises exposées sud !

A Leonidio, l’économie et le tourisme sont entièrement dédiés à l’escalade (bar de grimpeurs, location de matériel, hôtels avec salle commune etc.). Pour notre part, c’est une véritable découverte, nous n’avions encore jamais vu une ville dont l’économie principale est basée sur l’escalade. En grande majorité, les grimpeurs sont des sportifs respectueux de l’environnement et se veulent cool plutôt humbles (malgré les dégradations que ce sport peut occasionner sur la faune, la flaure et le relief¹). Il faut dire que ce sport est avant tout basé sur la confiance en son binôme, qui en cas de dérapage, doit assurer la chute de son partenaire.

La ville est située au fond d’une vallée, encerclée par de hautes falaises pourpre et ocre. Un fleuve traverse la ville, à l’ouest les sommets enneigés, à l’est les roches s’ouvrent sur la mer. La ville est insipide mais la nature environnante est magnifique. Durant ces quelques jours, nous avons pu profiter du temps au beau fixe pour randonner de part et d’autre. Et cela vaut vraiment le coup ! Nous avons également fait la connaissance d’Anaëlle et Rémy, qui nous ont rejoint.

Falaises de Leonidio

Nauplie (Ναύπλιο) – Avec la petite troupe, nous remontons à Nauplie direction un campement de vans français. Plus de dix vans ont élu domicile sur une jolie plage à l’est de Nauplie. Nous y rencontrons Ludivine (un électron libre en Van-drouille), Louenn, Gwéna, Romain (t’es où Loulou?), Sylvain (Marveladvitam), Sylain et Laure (Temps que la route nous mènera), Fabien et quelques autres, ils voyagent en van depuis plusieurs mois maintenant. Nous rencontrons également Stefanie et Monika, qui ont traversé l’Europe à vélo depuis Brême en Allemagne. Nous resterons quelques jours sur le campement. La ville de Nauplie, ancienne capitale de la Grèce libre (1828 à 1834) est très jolie. Elle est bien conservée, les rues sont pavées et les façades colorées. Un château domine la ville et en contrebas une promenade longe la mer. Il s’agit surtout d’un golf qui offre un micro-climat protégé du vent. Pour déguster un Souvlaki ou une pita végétarienne, nous vous recommandons Mitato restaurant.

Plage de Nauplie

Épidaure (Επίδαυρος) – Nous avons repris la route en direction d’Épidaure, Fabien, Ludivine et Sylvain, chacune et chacun au volant de son van, nous ont déposé. Le lendemain, nous avons visité le site d’Épidaure. Le théâtre est exceptionnellement bien conservé et son acoustique est impressionnante. Pour le reste du site, nous ne sommes pas vraiment du même avis. Il ne reste que quelques colonnes et pierres, il est toujours compliqué de se faire une idée de l’apparence de l’ancien complexe. De plus, le musée dans le site est « allégé » en informations et en pièces. La totalité des originaux se trouvent au Musée National d’Archéologie d’Athènes ! Ayant dormi dans un hôtel miteux (pour une douche bien mérité après quelques jours en tente) et cuisiné dans la chambre, nous ne vous conseillerons aucune adresse digne de ce nom…

Corinthe (Κόρινθος) – Après plusieurs heures fructueuses de stop, nous avons rejoint la ville de Corinthe. Dans de nombreux endroits en Grèce, les villes historiques sont éloignées des villes nouvelles, Corinthe en est un énième exemple. Le canal situé sur l’isthme vaut tout de même le détour, il relie la mer Ionienne à la mer Egée et mesure plus de six kilomètres de long. Construit entre 1882 et 1893, il traverse l’Isthme de Corinthe d’est en ouest.

Le canal de Corinthe

Nous n’avons malheureusement pas pu suivre toutes les côtes et nous ne sommes pas descendus à la pointe des doigts de la péninsule du Péloponnèse. Mais comme nous le disons très souvent « Nous reviendrons ! ».

Dans nos assiettes et dans nos verres ?

Dans les jardins et dans les rues – Il y a beaucoup d’agrumes qui poussent comme du chiendent et qui se cueillent sans effort au beau milieu des rues. Nous trouvons également beaucoup de légumes, des épinards, des poivrons, des salades, des plantes en tout genre et toutes sortes de légumes pouvant se développer avec quelques degrés supplémentaires.

Dans les boulangeries et pâtisseries – Des tartes aux épinards (spanakopita – σπανακόπιτα), des tartes au fromage (tyropita – τυρóπιτα) et des feuilletés aux « mauvaises herbes » du jardin (comestibles tout de même!), des barres de céréales (granola bar), des sticks de pain aux céréales, des baklavas et une multitude de gâteaux au miel et/ou au beurre…

Dans nos verres – Du bon vin rouge ! Nous avons principalement gouté du vin dont le cépage était du Agiorgitiko (αγιωργίτικο – second cépage rouge le plus présent en Grèce). Lorsque les Ottomans prennent le contrôle de la Grèce, ils interdisent la consommation et la production d’alcool. De nombreux pieds de vignes sont alors arrachés et les cépages endémiques disparaissent en grande partie. Pour le vin blanc, le cépage Assyrtiko (Ασύρτικο) pousse à Santorin. Plus de 80% de la production de vin sur l’île serait dédiée aux grappes blanches.

Pour en savoir plus, consultez notre article sur la table grecque.

Les transports

Le stop en Grèce, ça donne quoi? C’est bien mieux qu’en Italie ! Nous avons pris les transports en commun seulement deux fois sur la péninsule: un bus de Pyrgos à Kalamata car le jour de Noël n’était pas très propice à l’auto-stop et deux bus de Kalamata jusqu’à Gouves, nous n’attendions pas forcément au bon endroit et pour diverses raisons, nous avons refusé certaines voitures. Dans l’ensemble, les gens sont très gentils et ils étaient toujours prêts à nous aider, même si quelques fois nous avions des difficultés à nous comprendre (le « Portugnol » de Sarah ne fonctionne plus très bien en Grèce). Heureusement, nous disposons toujours d’internet sur nos téléphones ce qui nous permet de traduire presque en direct nos conversations (mais plus pour très longtemps…) !

Le Péloponnèse était initialement desservi par un réseau ferré dont le maillage était plutôt dense au vu de la topographie de la péninsule. Suite à la crise de 2008, ce dernier a été complétement interrompu, les pouvoirs publics n’ayant plus les moyens de l’entretenir. Seule la ligne de train reliant Patras à Athènes a été conservée sur le territoire de la péninsule. Selon de multiples guides touristiques, il est également possible d’emprunter un petit train à crémaillère qui part de Diakofto jusqu’à la ville de Kalavrita dans les montagnes.

Nous avons adoré la péninsule du Péloponnèse ! Les habitants sont généreux, en hiver le temps est plus clément qu’ailleurs, l’histoire est littéralement gravée dans la roche et la nourriture est incroyable !

Les indispensables en grecs

Nous avons commencé par apprendre l’alphabet ! Cela nous servira tout au long du voyage et permet de nous entraîner à lire le Russe (la minute #taculturetul’étales : ce dernier étant repris en grande partie de l’alphabet grec et adapté, selon certaines sources, par Clément d’Orhid, disciple de Constantin Cyrille qui l’aurait nommé ainsi en son hommage…).

Quelques mots pour se dépatouiller :

  • Καλημέρα (kaliméra) : bonjour – le matin
  • Γειά σας (yassas) : salut (soir et matin, pour les grands et les petits)
  • Καλησπέρα (kalispéra): bonjour – l’après midi
  • Καληνύχτα (kalinichta) : bonne nuit
  • Εγώ (ego): Je suis
  • Ευχαριστώ (evraristo) : merci
  • ευχαριστώ πολύ (evraristo poly) : merci beaucoup
  • Όχι (orchi) : non
  • Ναι (nè) : oui
  • Λυπάμαι (lipamè) : pardon/désolé
  • Παράκαλώ (parakalo) : s’il vous plaît (comme le prego en italien, vous pouvez le cuisiner à toutes les sauces !)
  • Ιαμας (yamas !) : santé !
  • Κρασί (krassi) : vin (kokkino = rouge, rosé = rosé)
  • Μπύρα (Bira) : bière
  • Et Pas Si Loin ce serait plutôt Όχι και τόσο μακριά (orchi ké toso makria) !

Article co-écrit par Sarah et Julien

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