Nos premières semaines – Italie du Nord, tome 1

Transports

L’exercice du stop – Le stop est un sport ou bien un art, où il faut être doté de patience, de bonne humeur et de temps. Surtout en Italie ! En effet, il faut être capable de rester debout sans bouger, montrer le meilleur de soi-même, tendre les bras et lever son pouce, aimer les odeurs des pots d’échappement, les embranchements d’autoroute, les glissières de sécurité et cela peut importe qu’il pleuve ou qu’il vente, vous pouvez y passer des heures !

Nous avons rencontré quelques difficultés à quitter la France dues aux manifestations des Gilets Jaunes. Mais une fois la frontière passée, les choses se sont corsées. Les Italiens confirment leur réputation. Ici, les personnes faisant du stop sont très mal vues et considérées soit comme des gitans, soit comme des vagabonds. « Gitans » pas vraiment et « vagabonds » pas tout à fait sûre ! Nous avons plutôt l’air de bobos parisiens tout droit sorti-e-s d’une publicité Patagonia ou d’un catalogue du Vieux Campeur ! Pour ce qui est de l’attitude, je m’efforce d’arborer un sourire Colgate à me crisper les zygomatiques pour le reste de la journée. Je passe souvent devant pour « appâter » l’Italien et je détache mes cheveux pour apparaître plus féminine dans cet accoutrement technique… Il nous arrive d’attendre sous la pluie, pendant près de trois heures sans qu’aucune voiture ne s’arrête et ne nous prenne. En règle générale, aucune voiture achetée plus de 20 000 euros ne vous prendra en stop, de peur que vous salissiez les fauteuils. Les conducteurs d’Audi, lorsqu’ils ne vous ignorent pas, lèvent les mains pour te signifier « Désolée, je ne peux pas, j’ai une Audi ». Nous pouvons tout de même compter sur les Fiat, c’est une valeur sûre.

La plupart des endroits où nous faisons du stop sont également des délaissés urbains, où une maison vétuste en bord de route abrite de nombreuses familles. Ce sont des lieux relégués, nous croisons le plus souvent des immigrés ou des personnes âgées qui reviennent d’une course ou qui partent travailler. Après avoir visiter des centres-villes qui regorgent de magasins et de décoration surtout à l’approche de Noël, attendre en périphérie de la ville nous rappelle l’envers du décor.

Pour conclure sur le stop, voyager en couple permet plus d’assurance et de sécurité mais contrepartie cela nous replie aussi sur nous-même. Le stop est un réel moyen de rencontrer les locaux et surtout des personnes avec lesquelles nous n’aurions sans doute jamais eu l’occasion d’échanger dans d’autres contextes. Il ouvre alors le champs des possibles, le temps de quelques minutes ou même de quelques heures.

En quelques chiffres – 730 kilomètres parcourus en totalité – 458 kilomètres effectués en stop (et 13h d’attente sur la route). Soit plus de la moitié dont une grande majorité en France… Mais nous essayerons à nouveau le stop pour nous rendre à Rome !

Lucca – On garde la pêche même sous l’eau !

Les alternatives choisies

Le bus et le train – Afin de pouvoir avancer, nous avons eu plusieurs fois l’occasion de prendre des bus régionaux. Le nord et la côte sont bien desservis. Il en va de même pour la Toscane. Attention, les billets s’achètent seulement dans les bureaux de tabac ou les gares routières (Les bus ne sont jamais à l’heure). Quant au train, il est un peu moins en retard que le bus et plus confortable, il reste souvent plus lent que la voiture.

Logements

La plupart du temps, nous avons dormi chez des amis, à l’hôtel ou encore dans des auberges de jeunesse. En faisant du stop (qui plus est en Italie), nous avons du mal à pouvoir estimer dans quelle ville nous allons être le soir même et quelques fois il nous arrive d’en changer en cours de route. Pour cela, le couchsurfing est un peu compliqué.

Par ailleurs, bon nombre de sites que nous connaissons monétisent leurs services. Si nous prenons l’exemple de Couchsurfing, l’objectif de ce site était de faire en sorte que des personnes puissent être hébergées gratuitement et tout en favorisant les rencontres. Or aujourd’hui, pour avoir un « profil validé » il faut payer la modique somme de 54 euros. Il en va de même pour des sites d’échange de services tels que le woofing (travail à la ferme) et le house sitting (gardiennage de maison), qui pour la plupart sont désormais accessibles via un abonnement annuel pouvant aller jusqu’à 90 euros…

Visites

La région de la Ligurie

Sanremo – Quatrième commune de Ligurie, elle se situe à quelques kilomètres de la frontière française. La ville a pris place sur un massif montagneux qui s’ouvre sur la mer. Elle constitue déjà un attrait touristique vers 1860 où les nobles Russes prennent l’habitude de séjourner l’hiver (par exemple la princesse Sissi). A la fin du XIXème Siècle, la culture des agrumes a été alors remplacée par la culture des fleurs. Des aménagements touristiques y ont été conçus tout au long du XXème Siècle et notamment un casino, ce qui valut à Sanremo d’être une des quatre villes d’Italie à en disposer ! Dans les années 1930, la ville connu son âge d’or, puis elle décline petit à petit vers la fin du XXème siècle. L’économie touristique dédiée à une population riche ne put évoluer en tourisme de masse et Sanremo ne réussira pas contrôler la construction immobilière et la spéculation due à la demande d’hébergement.

Une habitante, qui nous a prise en stop, nous raconta qu’auparavant la ville était nommée La Riviera dei Fiori (La Riviera des Fleurs) et ses aïeux cultivaient les fleurs. Cette culture permettait de mieux gagner sa vie que le maraîchage. La fleur dominante était l’œillet, mais l’on trouvait aussi des roses, des marguerites et des mimosas. Par la suite coupées, ces fleurs étaient acheminées en France ou en Italie. Cette habitante nous expliqua qu’une majorité de la population travaillait dans cette production et que la ville était ainsi recouverte de serres et de fleurs. Aujourd’hui, quelques serres subsistent encore en périphérie, vestige d’une époque révolue. La ville tente de mettre en place une politique de relance du tourisme et de préservation de ses paysages.

Vue de Sanremo depuis la côte

Les Cinque Terre et La Spezia – L’incontournable paysage des Cinque Terre et ses villages sont magnifiques. Nous laissons aux guides touristiques le soin de vous présenter ce parc naturel. Pas de chance, lorsque nous y sommes passé-e-s, une majorité du parc était fermée car une tempête avait fait des dégâts sur les chemins de randonnée. Nous avons tout de même pu rejoindre à pied Monterosso depuis Levanto.

La Spezia est la grande ville au-dessous du parc national des Cinque Terre, point de départ pour les touristes afin de rayonner dans la région. Nous vous recommandons particulièrement le Réverence Café, café familial qui nous a accueilli chaleureusement (la mère et la fille font le service pendant que le père cuisine) et le bar Trei Canti qui a une bonne sélection de vins !

Port de La Spezia

Via Aurelia (SS1) et Via Julia Augusta – Depuis notre départ de la France et ce jusqu’à Lucca, nous avons longé la côte méditerranéenne, qui nous a offert de beaux paysages. Il s’agit de l’ancienne voie créée en 241 avant J-C par les Romains afin de rejoindre dans un premier temps le nord de l’Italie puis elle fût étendue pour rejoindre Arles et la voie Domitia en l’an 13 avant J-C. Le nouveau tronçon sera alors nommé la Via Julia Augusta.

Ambiance hors saison – De nombreuses villes ont été construites pour accueillir les touristes ce qui explique les volets fermés et le grand vide présent sur toute la côte en automne. Aussi, il n’est pas rare de ne pas avoir de café ou de supermarché ouvert dans une ville en milieu de journée.

Dans nos assiettes ? Les plats typiques sont le lapin aux olives, la foccacia et le pesto (le fameux pesto genovese !). Les deux derniers étant des incontournables dans la plupart des cafés et des restaurants.

La Région de la Toscane

Lucca – Fondée par les Étrusques, elle devint une colonie Romaine. Le centre historique est entouré par des murs fortifiés édifiés au Moyen-âge. La prospérité de la cité provient du commerce de la soie qui s’établira au XIème Siècle et entrera en compétition avec les étoffes orientales. La ville sera alors la capitale de la Toscane. Elle fut constamment en concurrence avec Florence selon les différentes époques, cette dernière pris l’ascendant in fine.

Vue depuis la place de la cathédrale

Florence – Nous laissons les guides vous présenter la concurrente de Lucca puis Sienne. Après une longue journée de visite, nous vous conseillons d’aller prendre un thé ou un café au Todo Modo qui est également une librairie.

Vous pourrez aussi aller déguster des pâtes à l’Osterria Pastela, elles sont un peu chères mais sont fraîches du jour et très bonnes. La cuisinière les fait devant vous, en vitrine du magasin, ce qui nous a rendu un peu mal à l’aise…

Il Duomo – Firenze

Orbetello – Charmante petite ville située sur une presqu’île. Elle s’étend sur l’isthme central, de part et d’autre deux tombolos naturels se rejoignent à l’ouest pour former le mont Argentario. Celui au nord est habité, l’autre au sud est un espace protégé. Ce dernier est un parc naturel qui s’étend sur 6 kilomètres de long. Il est boisé de grands pins, d’un côté il donne sur la lagune et de l’autre sur la mer. De nombreux oiseaux et mammifères (loup, sangliers, biches…) habitent ce lieu. A mi-chemin entre les Landes et la Camargue, nous vous recommandons le détour !

La lagune d’Orbetello
La forêt, espèce naturel protégé au sud de la Lagune

Radicondoli et les alentours – Nous avons passé plus d’une semaine à Radicondoli chez Karin qui nous a hébergé. Entre le travail aux champs et les heures de repos, nous avons visité la région. Le village de Radicondoli a plus d’un millier d’années, perché sur un promontoire dominant le haut Val d’Elsa. Il est dynamique et propose de nombreuses activités culturelles et touristiques tout au long de l’année. Nous avons eu l’occasion d’aller à la Pergola (les pizzas y sont délicieuses ainsi que le pain au levain qu’il est possible d’acheter) et prendre un verre au bar Agriteca (super vin et apéro de bonne qualité). Non loin de là, appartenant à la même commune, le village de Belforte est aussi un aussi un joli bourg médiéval. Nous avons eu l’occasion d’aller passer une soirée dans la salle municipale de la ville pour écouter un concert de percussions africaines organisé par une association en faveur des migrants. De nombreux chemins de randonnées sillonnent la région, qui dispose de grands espaces naturels protégés. Nous vous recommandons cette partie de la Toscane qui est très belle !

Castello di Falsini

Massa Maritima et les alentours – Massa Maritima est une ville médiévale juchée sur un promontoire au nord de Grosseto, une cathédrale, quelques églises et de nombreuses rues témoignent de périodes historiques riches. Nous avons également découvert le golf de Baratti ombragé par de grands pins et dominé par le village de Populonia datant de la période Étrusque.

Cathédrale de Massa Maritima

Dans nos assiettes

La tarte sucrée aux épinards et pignons : nos avis divergent sur la question. Me concernant, je ne me relèverais pas la nuit pour en manger…

Des pâtes fraîches, bien entendu ! Historiquement, c’était la « mama » qui les préparait. Et dans certains restaurants, c’est encore le cas. Vous pouvez les goûter avec de la truffe selon la période.

Où sommes nous en ce moment ?

Suivez nous sur la route, presque, en direct en cliquant ici!

Retrouvez la suite de notre voyage dans notre deuxième article sur le Sud de l’Italie ou notre Carnet de voyage !

Bibliographie

  1. CANI Yvette, « La floriculture sanrémoise », In: Méditerranée, nouvelle série, 1ᵉ année, n°1, 1970. pp. 51-82: www.persee.fr/doc/medit_0025-8296_1970_num_1_1_1345
  2. FUSTIER Pierre. « Notes sur la constitution des voies romaines en Italie (suite et fin) ». In: Revue des Études Anciennes. Tome 63, 1961, n°3-4. pp. 276-290 : www.persee.fr/doc/rea_0035-2004_1961_num_63_3_5697
  3. MOOK ISIA, « Italie: Comment découvrir le parc national des Cinq Terre?« , Blog de Voyage Tour du Monde : www.tourdumonde.fr/decouverte/italie-comment-decouvrir-le-parc-national-des-cinque-terre-8265
  4. Wikipédia, Lucca: www.wikipedia.org/wiki/Lucques – Via Aurelia : www.wikipedia.org/wiki/Via_Aurelia

2 réflexions sur « Nos premières semaines – Italie du Nord, tome 1 »

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